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Café des Spores : un des projets lauréats de la Bourse AVI 2013

Par Caroline Ducrot

AVI International 

AVI-bourse2013-V2

Autre lauréat de la Bourse, le projet : CAFE DES SPORES par Pauline Petit et Romain Desnoux

Objectif: Développer un système de culture de champignons à partir de déchets de cueillette de café, dans une fazenda de café brésilienne

Ces deux jeunes, âgés respectivement de 25 et 28 ans et tous deux dans le domaine environnemental, ont décidé d’agir au niveau de l’Etat de Bahia au Brésil, plus gros producteur de café au monde. Leur devise « il n’y a pas de déchet, il n’y a que des ressources ». Cette culture de champignons a pour objectif la viabilité économique de la fazenda, sur le long terme.

LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES

C’est en lisant un article que l’idée a « germé » en eux. Ils expliquent : « Parfois dans la vie, le temps, ou plutôt la routine, se suspend. Par exemple, quand on boit son café en feuilletant L’Economie Bleue, et qu’on tombe sur cette phrase : ‘’Entre le moment où les grains de café quittent les fermes et celui où ils finissent dans nos tasses, 99,8% de leur masse va être mise au rebut’’. On s’interrompt alors dans sa lecture en contemplant, l’oeil vide et coupable, un mug rempli de 30 cl de gaspillage ».
Une révélation surprenante qui a tout de suite constituer une base solide et originale au projet. Autre nouvelle en découlant, sur 1 kilo de café récolté, seuls 2 grammes finiraient dans l’estomac.

LE DECHET EST UNE RESSOURCE : UN BON PLAN POUR L’ECONOMIE

Chacun a déjà entendu parler de recyclage, ici c’est le même principe. Le déchet se transforme en ressource lorsqu’il est ramassé afin d’être transformé puis réutilisé. Ecologie et économie vont de pair, Pauline et Romain rapportent ainsi un résultat émis par l’économiste Gunter Pauli selon lequel, la culture de champignons à partir des déchets de récolte du café permet de créer 2 emplois par ferme et d’assurer la diversification des revenus des agriculteurs. Ainsi tout l’enjeu économique réside là, cela requerrait de faibles investissements mais en plus, pourrait être à l’origine de la création de débouchés commerciaux, aussi bien pour l’alimentation humaine qu’animale et créer des revenus complémentaires aux producteurs locaux. Gunter Pauli parle ainsi de l’‘Economie Bleue‘, une économie qui serait « non polluante, créatrice d’emplois, de cohésion sociale et même de valeur ». Toujours selon lui, cette production de champignons, qu’il qualifie d’innovation, à partir de déchets de café aurait déjà créé 15 000 emplois dans le monde, et il pourrait potentiellement en crée 50 autres millions.
L’enjeu est également social en permettant une alternative à l’alimentation des individus via un aliment riche en minéraux et protéines.

UN PROJET TRES MURI ET DEVELOPPE

Pauline et Romain ont décrit très minutieusement toutes les étapes nécessaires au développement du projet et à sa continuité. En voici quelques étapes essentielles.

1) Des visites d’études en Colombie sont prévues afin d’analyser les conditions (le climat, la nature des déchets de cueillette de café, la situation économique des régions, le type de plantations car tout dépend d’elles et pour mieux appréhender la culture: type de mélange de base (combien de café / combien de spores…), température du local, temps de pousse, transformation.

2) Des installations doivent être réalisées (sachant que les champignons sont cultivés en hauteur) comme l’achat/construction d’un local pour permettre la culture, pouvoir vérifier la température, acheter tout le matériel nécessaire à la récupération des déchets de cueillette. La première récolte se révélera être un test pour améliorer celles qui suivront et permettra d’expérimenter les possibilités de conditionnement ou de séchage.

3) L’importance de la recherche de débouchés commercialisables et exploitables (existence de circuits de proximité, intermédiaires, marchés ou structures de commercialisation locales, temps de transports ayant une influence directe sur le conditionnement et séchage).

4) Selon ces débouchés va dépendre le type de champignons qui vont pouvoir être produits (pour une consommation locale, des champignons type pleurotes; pour une consommation dans les villes (Salvador, Sao Paulo…), champignons à plus forte valeur ajoutée, les shiitaké. Il se peut que la demande soit plus forte due à la forte présence d’une population d’origine japonaise et qui raffole de ce genre de champignon. Par la suite, un travail le shiitaké pourrait être fait afin d’en faire de la poudre ou des gélules aux propriétés antioxydantes et antitumorales.

Ils semblent déjà avoir trouvé une exploitation agricole correspondant à leurs critères grâce au site Wwoofing Brazil, qui propose et garantit des exploitations ayant signé une charte de bonne conduite garantissant la culture biologique. Cette exploitation de leur rêve, se situe dans une zone montagneuse de l’Etat de Bahia (« Chapada Diamantina ») où serait cultivé le meilleur café du Brésil. Ce n’est pas tout, ce terrain jouit de plantations très diversifiées et le climat serait favorable à l’essaimage. Si toutes les conditions sont réunies, la fazenda pratiquerait en prime la biodynamie et accueille les éco-touristes.

Nous cultivons un énorme espoir de réussite en ce projet. Bon courage !

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