En passant

Projet Autopias – Bourse AVI International 2013

Projet Autopias : Autonomisation dans un quartier défavorisé de Quito Bourse AVI International 2013

Un projet mené par Alexandre Vannier-Moreau.

Autopias est un projet émanant de l’association Iatus et porté exclusivement par des bénévoles. Il a pour but de contribuer à l’autonomie des populations défavorisées en proposant des actions participatives, écologiques, peu coûteuses et adaptées aux problématiques locales.

Un groupe de quatre amis s’est constitué sous l’impulsion d’Alexandre : un architecte, une psychologue, un gestionnaire et un bricoleur auxquels ont prêté renforts des amis aux compétences complémentaires de manière ponctuelle. Ainsi, Autopias intervient dans les domaines de la nutrition, de l’architecture, de la psychologie et de l’économie sociale.

Durant les mois d’avril à juillet 2013, notre équipe dédie son énergie, son temps et sa matière grise aux 300 enfants (3 à 11 ans) des écoles Primavera et Honrar La Vida, situées dans le quartier défavorisé de Jaime Roldos au nord de Quito. En effet, suite au constat de dépendance économique auprès d’une institution étrangère et d’une réduction des soutiens due à la crise financière en Europe, il devenait nécessaire de réagir en proposant un modèle plus autonome.

Voici un récapitulatif de nos actions, classé en quatre familles : la nutrition, l’architecture, la psychologie et l’économie sociale.

Projets accomplis

Nutrition

La spiruline :En raison de la difficulté des parents à apporter des repas complets trois fois par jour aux enfants des écoles et des problèmes de concentration dans la matinée remarqués par les institutrices, nous avons obtenu un partenariat avec une ferme locale de spiruline, algue déjà utilisée par les aztèques, riche en protéines et en fer. Afin de rendre cet apport nutritif agréable pour les enfants, nous leur avons concocté un jus chocolaté à la banane et à la spiruline, peu coûteux et facilement reproductible pour les cuisinières de l’école. Aujourd’hui encore, l’école Honrar La Vida distribue un jus deux fois par semaine. Le potager de l’école PRIMAVERA : Un potager a été préparé par nos soins : retournement de la terre et apport en humus grâce aux déjections des animaux voisins. L’école s’est chargée d’y planter les graines des plantes désirées en faisant des ateliers avec les élèves.

Architecture et aménagement du territoire

La réhabilitation de la Quebrada :Le quartier possède une « quebrada », c’est-à-dire une faille topographique où s’écoulent les eaux pluviales. Elle est située à quelques centaines de mètres des écoles et considérée par la plupart des habitants comme une déchèterie. Sous notre impulsion, s’est constitué un groupe croyant en la possibilité d’en faire un lieu de vie et un parc public. Avec lui, nous avons entrepris de réaliser une phase pilote de ce grand projet lors d’une « minga » (cession de travail collectif) ayant réuni près de 60 riverains : 220 arbres ont été plantés et 80 mètres carrés de potager sont prêts à être utilisés par les enfants des écoles Honrar La Vida et Primavera. A long terme, l’objectif est de régénérer ce patrimoine naturel et de le rendre accessible aux habitants : faire d’une déchèterie dangereuse un parc pour tous ! Pour cela nous avons rassemblé les acteurs clés (municipalité, riverains, responsables locaux, université d’architecture de Quito et politiciens) et le dossier est aujourd’hui du domaine de la politique locale. Enduit terre :En réponse à une demande exprimée par le centre culturel « Loyola » tenu par la mère d’une élève de l’école Primavera, une « minga » a été organisée par notre équipe d’architectes (Alexandre et Marine) avec les habitants du quartier afin de refaire la façade d’entrée du centre culturel grâce à des enduits en terre. Afin de favoriser des répliques dans le quartier, un guide a été réalisé: « El Manual del enlucido natural con la tierra de su jardin » (Manuel d’enduit naturel, avec la terre de son jardin). Des exemplaires à l’espace culturel sont en libre accès au centre.

Psychologie

La présence d’un psychologue à l’école Primavera a permis à Maud de mieux cibler les besoins, afin de travailler sur les problématiques de confiance en soi et d’estime de soi, de maltraitance, de violence familiale, et d’isolement avec les enfants, et sur les liens de solidarité au sein du quartier et la construction de solutions face aux problèmes du quotidien avec les mamans des élèves. Un accord a été établi avec l’Université Centrale d’Équateur des étudiants en psychologie dans chacune des écoles. Cette action permet de pérenniser le renforcement du soutien psychologique à Primavera et de l’initier à Honrar la Vida. Suivi psychologique des enfants :Maud a suivi une dizaine d’enfants en entretien individuel en travaillant sur des problématiques spécifiques (violence, inceste, solitude, problématiques identitaires) et aide les enfants à renforcer leur confiance en soi, l’auto-estime et l’affirmation de soi. Autonomie des mères : Chaque soir, Maud et Patricia, la psychologue de l’école, ont reçu des groupes de mères (entre 5 et 10) afin de travailler sur l’autonomie. Durant ces groupes de thérapie communautaire, les psys sollicitaient la créativité du groupe afin qu’elles travaillent collectivement sur des problématiques vécues isolément (machisme, sentiment de dépendance au mari, enfermement dans des cercles de violence, etc.). La voie des contes : A partir de lectures puis de jeux de rôles, la médiation a permis au groupe d’extérioriser des émotions tout en levant des inhibitions. Ce travail permet au groupe de symboliser des vécus autrement trop difficiles à aborder. Dans un climat social où dominent l’individualisme, la solitude et la méfiance les uns envers les autres, ce groupe a été apprécié des participants qui ont ainsi eu l’opportunité de partager des temps forts émotionnellement et de travailler sur leur vécu tout en restant « protégés » par les personnages du conte, qui à la fois leur évitent de se mettre à nu tout en offrant un prétexte pour parler de soi. Sensibilisation à la sexualité : Une intervention « sensibilisation à la sexualité » a eu lieu sur deux jours, auprès de deux classes, dans l’école Primavera. A travers des jeux, activités ludiques et débats, nous avons pu aborder les questions sensibles relatives à l’image du corps, le respect de l’espace vital de chacun, les relations de couple, l’intimité. Un temps de « prévention aux agressions sexuelles » a aussi été intégré dans l’atelier.

Economie Sociale

Club de troc : En partenariat avec le CDC (centre culturel de quartier) et La Trueca (association de troc basée à Quito), Baptiste a aidé à mettre en place un système d’échange de type « troc de biens, de services et de savoirs » dans le quartier de la Roldos. Deux femmes se sont engagées à faire vivre l’association en programmant et animant des réunions mensuelles. Un panneau d’annonces a été fixé sur un mur du centre culturel, et La Trueca servira d’interlocuteur direct si besoin. Un jour après la pose du panneau, une dizaine d’annonces étaient déjà affichées ! Échange de mobilier, de cours d’anglais, d’informatique, de danse, etc. Aujourd’hui, le club suit son cours au sein du centre culturel. La coopérative de catering : En vue de l’impossibilité de développer des bassins de spiruline en Équateur, nous avons soulevé d’autres besoins inhérents à la population locale : les mamans des élèves font face au manque de travail dans ce quartier défavorisé et à la dépendance économique de leur mari. Cependant, elles doivent s’occuper de leurs enfants et ne peuvent s’absenter comme elle le souhaite durant la journée. Ainsi, l’idée de la coopérative a repris vie en souhaitant proposer un système sans risques financiers, flexible au niveau des horaires, basé sur l’entraide et la solidarité, et complémentaires en termes de revenus. Après avoir soulevé les envies et les possibilités de création de projet dans le quartier, nous avons obtenu le support de l’organisme local Cepesiu, expérimenté dans le montage de coopérative en Amérique du Sud, capable d´apporter son soutien technique sur le plan juridique (création d´entreprise, avocat, notaire) et entrepreneurial par le biais de formation (comptabilité, gestion, logistique). Un plan d´action « musclé » a été mis en place afin de réussir à lancer la coopérative et un premier test de vente directe de repas a été expérimenté lors de la minga québrada afin de financer la coopérative : le Céviche fut un véritable délice ! Depuis, Cepesiu a pris le relais pour la mise en place de la coopérative de catering, mais les membres ont encore du mal à s’investir régulièrement dans cette activité.

 

La suite d’Autopias :

Forte de cette belle expérience, l’équipe s’est renforcée, a créé son association en décembre 2013 et souhaite travailler sur la mise en place de nouveaux projets. Pour s’assurer un autofinancement, Autopias est en train de développer des solutions liées à l’entreprenariat social : bâtir un café culturel et solidaire dont les bénéfices seront utilisés pour financer des missions.

 

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