Des nouvelles de Street Art Amazonia Esperanza

Street-art-AmazoniaParmi les trois lauréats de l’édition 2015 de la Bourse AVI International, figure ce projet mené au Pérou par Emilie Longin, 34 ans. Non présente à la Grande soirée du voyage solidaire, elle a malgré tout tenu à nous envoyer un message pour remercier le jury de l’avoir sélectionnée et pour partager l’avancement de son projet. Nous en publions quelques extraits :

Je suis à Lima depuis un mois et si je devais résumer l’ambiance en deux mots, je dirais : tumultueuse et colorée. L’art peut surgir de partout, dans une ruelle, sous une affiche, un fragment de porte. Des graffitis clandestins aux fresques monumentales, la ville se décline aux couleurs de l’ « arte callejoro », l’Art de la rue.

Street-art-AmazoniaUne de mes premières actions a été d’appuyer l’équipe du festival FITECA dans le district de Comas dont l’objectif est de promouvoir l’art au cœur de la communauté. Adultes, enfant, voisins… imaginez tout un quartier vivant au rythme de l’évènement pendant plus d’une semaine ! Théâtre de rue, concerts, ateliers, etc. Toute la scène artistique était au rendez-vous et plus de trente muralistes ont pu réaliser une œuvre en direct. Un seul mot d’ordre : « Culture pour tous » ! Le message sonnait comme un véritable manifeste car 40 fresques ont récemment été effacées dans le centre historique de la ville.

Street-art-AmazoniaPour l’heure, je rencontre de nombreux artistes et prépare activement les premiers ateliers que nous allons réaliser avec la communauté Kokama dans la forêt amazonienne et, ici, a Cantagallo avec les Shipibo. Depuis près de 15 ans, plus de 300 hommes vivent dans un environnement insalubre, sans eau ni électricité, Street-art-Amazoniaretranchés sur les bords du fleuve Rimac, bien loin de l’Ucayali et de la forêt dont ils sont originaires. Ils attendent ce qu’on leur a promis : un relogement, ailleurs, et des conditions de vie plus décentes. Mais le dialogue avec Casteñada, le nouveau maire, est totalement rompu depuis plusieurs mois. Et de nombreux artistes se sont mobilisés pour faire entendre leurs voix. Appuyée par la communauté et le collectif Ojos de Papel, nous sommes en train d’organiser une intervention photographique dans le centre de Lima, au cœur du conflit, et préparons des ateliers artistiques avec les jeunes à Cantagallo.

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Depuis deux semaines, nous construisons également en partenariat avec l’ONG Rawusunchis une grande fresque amazonienne inspirée des mythes et de la cosmovision Kokama qui sera ensuite expliquée aux enfants sous forme de contes.

Street-art-AmazoniaNotre objectif final est de réaliser une grande fresque interculturelle de 100 peintures sur les savoirs ancestraux et la mémoire des peuples de la forêt. Certes, le projet est audacieux… et la route encore longue ! Mais je suis plus que jamais convaincue de la nécessité de tisser de nouveaux liens culturels et spirituels entre les peuples, ici et là-bas. Et je ferai le maximum pour que le projet puisse se déployer dans toutes ses latitudes. Comme le disait Albert Jaquard, « seuls les liens que nous tissons permettent d’accéder a la conscience d’être, c’est l’appartenance à une communauté humaine qui nous rend véritablement humain ».

Bonne chance à Émilie. Et nous ne manquerons pas de relayer l’avancement de son projet et des autres lauréats.

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