Les Hadzabes derrière la caméra

Lauréate 2014 de la Bourse AVI International, Marion Longo nous livre le compte rendu de son voyage.

Les Hadzabes derrière la caméra Les Hadzabes derrière la caméra Les Hadzabes derrière la caméra

Préambule :

En 2012, âgée de 18 ans, je m’envole pour la Tanzanie. Bénéficiaire d’une bourse de voyage Zellidja, cette association qui donne la possibilité à des jeunes de voyager seuls, j’étais partie l’année précédente à vélo à travers l’Angleterre à la découverte de l’écologie. De retour en France, me sentant pousser des ailes et très intriguée par la notion de nomadisme, je tombe par hasard sur un article parlant des nomades chasseurs-cueilleurs.

Alors étudiante en sociologie dans le Tarn et intéressée par l’ethnologie, je me lance alors dans mon deuxième voyage Zellidja: « Les Hadzabes, voyage au berceau de l’Humanité. » Le but, découvrir ces étranges chasseurs-cueilleurs nommés Hadzabes, réputés pour n’avoir ni maison ni propriété, vivant de la chasse et de la cueillette, et que l’on rapproche très souvent, par leur mode de vie, de nos plus lointains ancêtres.

Je passerai deux semaines avec eux, découvrant un univers complètement différent de celui que j’avais imaginé, me confrontant aux réalités de la modernité, du tourisme et des changements inhérents à chaque société. Je commencerai à apprendre le swahili mais surtout la langue de la tribu, l’hadzane. Je découvrirai leur mode de vie en habitant avec eux, en allant chercher l’eau à la rivière asséchée, mais aussi en apprenant à danser avec les femmes devant le petit poste de musique, ou en buvant avec eux la bière locale.

Les Hadzabes derrière la caméra Les Hadzabes derrière la caméra Les Hadzabes derrière la caméra - Marion Longo

Les Hadzabes :

Les Hadzabes font partie des derniers groupes de chasseurs-cueilleurs d’Afrique. Parlant l’hadzane, une langue comprenant des clics, leur territoire s’étend tout autour du lac Eyasi, entre la plaine du Serengeti et la vallée du Grand Rift, dans le Nord tanzanien.

De nombreuses ethnies, des nomades pastoralistes tels que les Maasai ou les Barbaig ou des tribus sédentaires pratiquant l’agriculture comme les Sukuma ou les Irawq ont migré afin de trouver un territoire où s’installer et se retrouvent à occuper le territoire des Hadzabes. Sans troupeaux pour prendre possession physiquement d’une terre, ces derniers sont souvent perdants. Leur territoire paraît inoccupé et attire des populations de plus en plus nombreuses.
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La présence de bétails fait fuir le gibier sauvage plus loin encore des campements Hadza. Puisque le bétail s’installe autour des points d’eau, l’accès à l’eau devient un problème de plus en plus récurrent dans les groupes Hadzas. Afin d’acheter l’eau et les aliments qui leur manquent, ils commercent avec ces ethnies. Pour cela, leur seule ressource est bien souvent la visite de touristes dans leur camp et la vente de bijoux en perles.

Découvrant toutes ces problématiques mais aussi des femmes et des hommes particulièrement chaleureux et accueillant, je n’avais au moment de les quitter, qu’une seule idée en tête : revenir.

Le projet :
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De retour en France, je créé le projet « Les Hadzabes derrière la caméra ». Découvrant le milieu de l’audiovisuel et plus particulièrement celui du documentaire, je voulais revenir en terre Hadza afin de leur donner la parole et de faire un film sur mesure avec le groupe que je connais.

L’envie autour de ce projet était d’intégrer les Hadzabes à la création du film en mettant en avant leurs paroles et avis mais aussi en les intégrant au choix du fil directeur du film et de son écriture. Dans la mesure du possible, je souhaitais aussi partager quelques techniques de l’audiovisuel.

Le voyage :

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En janvier je retourne donc en Tanzanie, dans le même groupe Hadza, sur la terre ocre du bush. Je retrouve avec plaisir Nn’on’a, le chef du village, qui m’a tant inspiré pour ce projet. J’ai la surprise de voir un groupe totalement différent. Ça fait parti du lot quand on décide de s’intéresser à des nomades: ils nomadisent, effectivement.

Passées les premières semaines où j’ai pu commencer à filmer, à récupérer quelques automatisme de langue et à me réhabituer au rythme Hadza, je retourne à la ville, Arusha, à 5 heures du bush, afin d’attendre Magali Chapelan.

Jeune camerawoman et réalisatrice toulousaine, elle vient me rejoindre pour un mois afin de m’aider à filmer et à concevoir le film. Une invitée surprise se rajoute, Pauline, vétérinaire baroudeuse habitant la Tanzanie. Elle se joint à nous pour quelques jours. La French Team est en route !

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À travers la route chaotique et poussiéreuse, nous nous rapprochons du Grand Rift, retour à Gorofani pour moi et découverte pour le reste de l’équipe. Petit village de cultivateurs d’ail et de maïs, aux abords du lac, c’est notre base de repos après les séjours en terre Hadza.

J’ai le plaisir de leur présenter Musa Herry Kisanga, guide tanzanien professionnel rencontré lors du premier voyage et qui nous aide à la traduction et à la logistique et participe activement au film.

Grâce au regard nouveau de Magali et Pauline, je redécouvre les problématiques Hadza, remarque des erreurs de jugements et de compréhension.

Tentant de capter le point de vue des Hadzabes, d’orienter mon regard avec le leur, je rebondis sur une demande de Nn’on’a : il aimerait profiter de ma venue pour acquérir une moto. Pourquoi une moto? Quel intérêt, quels besoins? Quel impact sur leur mode de vie, quels changements ? Après avoir dis au revoir à Pauline partie barouder plus loin, on tente avec Magali de cerner cette problématique et de comprendre le point de vue du groupe sur cette moto qu’ils désirent et qu’ils voient comme une solution pratique à leurs problèmes.

Après deux semaines à filmer et interroger les Hadzas, Magali repart.
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Quelques problèmes administratifs et financiers me forcent à reculer mon dernier séjour en terre Hadza et à l’écourter. Je reviens mi-mars pour seulement une semaine au lieu de trois. Mon départ précipité créé une discussion au sein du camp sur le prix que je dois payer au village de Gorofani pour avoir le droit de rester avec les Hadzabes dans leur camp, argent dont ils ne voient pas la couleur et qui profitent seulement au gouvernement du village.

Nn’on’a décide qu’il est temps pour les Hadzabes de changer leur manière de faire et d’aller s’asseoir avec le gouvernement du village pour aller défendre leur droit.

Je suis heureuse que mon séjour ai pu déclencher au minimum cette volonté d’utiliser les manières de faire « du dehors » pour défendre leurs droits, et j’espère, par mon film actuel et mes futurs projets auprès d’eux, contribuer à contrebalancer cette nécessité de reprendre les outils d’un système qui n’est pas le leur pour défendre leurs droits, par un travail de captation et de réflexion sur leur culture, leurs savoir-faire et leur langue.

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De ces rencontres humaines, de ces vie séparées par nos différences culturelles et de qui je me suis pourtant senties si proches, j’ai tenté d’en capter toute la beauté, la fragilité mais aussi l’intensité, j’ai voulu mettre en valeur la singularité de chaque personne plutôt que l’exotisme d’une tribu réduite à son entité.

En quête de sens et manquant cependant d’expérience dans l’audiovisuel, apprenant le langage de la caméra en même temps que le swahili et l’hadzane, j’ai eu du mal à intégrer les Hadzabes au processus de création d’un film que je ne contrôlais pas du tout.

Occupée à m’adapter à leur manière de faire qui n’était pas la mienne, leur manière d’avoir des paroles et des points de vue qui ne se captaient pas comme je l’imaginais, mettant toute ma volonté à démêler les fils de leur situation, de leur volonté, je n’ai pas réussi à les mettre derrière la caméra au sens technique.

Je me suis plutôt appliquée à oublier mes envies, mes stéréotypes et à suivre leur regard afin de capter leur parole de manière plus subtile que lors des interviews officielles les rendant timides, ou en leur demandant directement « Que dois-je filmer? », ce qui les amenaient seulement à me montrer ce qu’ils savaient intéresser les touristes.
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Et après :

De ces trois mois intenses ont été tirées 40 heures de vidéo, de bouts de vies et de paroles, de questionnements et de rires. Maintenant, il faut créer le film. Et bien sûr pour le diffuser: y retourner.

Une nouvelle salle pour la Grande soirée du voyage solidaire !

Cette année, la Grande soirée du voyage solidaire du lundi 1er juin se déroule dans le 7è arrondissement, dans un lieu pour le moins exotique : la Pagode !

Si la Pagode est un lieu magique, c’est peut-être parce que son histoire commence comme un conte de fée : Il était une fois, en 1895, un directeur du Bon Marché, M. Morin très amoureux de sa femme. L’Orient est à la mode depuis que le Japon s’est ouvert au commerce occidental. Sous l’impulsion de l’Ere Meiji (1869/1912), chinoiserie et japonaiserie font alors fureur ! M. Morin décide donc d’offrir à sa femme une véritable pagode qu’il demande à son architecte, Alexandre Marcel, de construire dans son jardin, rue de Babylone, dans le VIIème arrondissement.

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Celui-ci s’exécute avec un grand souci d’authenticité, allant même, d’après la légende, jusqu’à faire venir certains éléments de là-bas : les boiseries sculptées dont la charpente par exemple, viennent directement du Japon ; les tuiles vernissées d’une fabrique vosgienne ; les extrémités des poutres représentent des dieux du bouddhisme indien, dont Ganesh l’éléphant. Ravie Mme Morin y organise des réceptions somptueuses où le couple apparaît costumé en empereur & impératrice du « Pays du Soleil Levant & du Mont Fuji ». Des admirateurs louent la salle par admiration.

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Pour M.Morin le conte de fée s’arrête là, puisqu’en 1896 l’année même de l’inauguration, sa femme le quitte en (in)justes noces avec le fils de son associé ! A La Pagode, la vie brillante continue, avec des éclipses, puis la salle est fermée en 1928.

 En 1930, l’Ambassade de Chine propose de la louer mais se ravise après une visite plus approfondie de la superbe salle extrême-orientalisante : ses fresques illustrent des épisodes de la guerre sino-japonaise où les guerriers japonais ont nettement le dessus.

En 1931, les portes de La Pagode s’ouvrent enfin au public et rejoint le cercle restreint et précurseur du cinéma d’Art & Essai. Au fil des années, elle devient un haut lieu des cinéphiles, surtout pour les films de Bergman et d’Eisenstein. C’est aussi à la Pagode que Jean Cocteau donne la première du Testament d’Orphée en 1959.

En 1973, la salle est provisoirement fermée pour entreprendre des travaux : suppression du mur qui cachait La Pagode aux passants, création d’un jardin & aménagement d’une seconde salle en sous-sol. La Pagode est classée Monument Historique par le Ministère de la Culture en 1986. Après plusieurs années d’exploitation par la compagnie Gaumont et trois longues années de fermeture, La Pagode est redevenue, le 8 novembre 2000, un cinéma indépendant grâce à M. Jean Henochsberg, du groupe Etoile Cinémas.

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Adresse : Cinéma La Pagode – 57 bis, rue de Babylone, Paris 7è.

Métros : Saint-François-Xavier (ligne 13), Sèvres-Babylone (lignes 10 et 12) et Vaneau (ligne 10).

RER C : Invalides

Bus : Lignes 82, 87 et 92 [Saint François Xavier],

Autolib : 32/Invalides/Paris, 2/Duroc/Paris.

Vélib : Station n° 7014, 35 boulevard des Invalides.

Découvrez l’extrait d’un documentaire de 26 minutes sur La Pagode : 

 

 

 

Bourse AVI du Voyage Solidaire : Compte rendu du projet Hygiène et Santé dans les villages Hmong du Laos

L’origine du projet

C’est en 2010, pendant un voyageVillage au Laos, que Jean-Michel Courtois découvre le village Hmong. Cette belle histoire est née d’un heureux hasard. Quand son guide et lui s’embarquent sur une mauvaise piste dans la montagne de Ban Huey Pong, ils étaient loin d’imaginer l’histoire qui s’en suivrait. Ils marchèrent dans la forêt pendant 8 heures avant de tomber sur ces villageois avec qui il noua des liens très forts. Cette découverte fut pour Jean-Michel un choc émotionnel et culturel et il s’engagea à y revenir l’année suivante.Famille Hmong

Les toilettes sèches

Notre lauréat a voulu commencer par améliorer les conditions d’hygiène dans lesquelles vivaient ces villageois. La première étape est passée par la construction de toilettes sèches. C’est une construction difficile à réaliser et qui a mobilisé l’énergie de tout le village. Pour ce faire, l’équipe a pris contact avec les services du Parc Régional du Pilat, au dessus de Saint-Étienne, qui avaient installé en toute satisfaction ce type de toilettes dans son Parc. L’entreprise spécialisée a donné l’autorisation de s’inspirer de leurs plans. Pour finaliser le projet, un membre ami architecte a par ailleurs adapté les plans en fonction des possibilités techniques locales.plans Le principe de ces toilettes est relativement simple. Il s’agit d’intercaler dans la fosse une grille métallique qui fait office de séparation entre le solide et le liquide. Le solide reste sur la grille et est séché par la chaleur ambiante et par un fort système de ventilation. Deux grilles à l’arrière des toilettes permettent de récupérer la matière et de s’en servir comme compost. Le liquide quant à lui s’évapore. La condition d’un bon fonctionnement suppose que les toilettes soient orientées plein Sud et que la fosse soit parfaitement hermétique.

Le chantier

La première étape de la construction a été de rassembler les différents matériaux pour pouvoir mener à bien le chantier. Le ciment et les parpaings ont été achetés dans la vallétravauxe à une vingtaine de kilomètres du village. Les différents éléments métalliques permettant d’assembler les grilles ont été, eux, achetés à une cinquantaine de kilomètres. Ces achats éloignés ont également posé le problème de leur récupération. À l’inverse, le sable et les galets ont directement été pris dans la rivière. travaux2Le chantier s’est déroulé en plusieurs étapes avec la participation de tout le village. Femmes, adolescents et hommes ont donné de leur personne pour que les toilettes sortent de terre. Curieux, les enfants ne perdaient rien de ce qui se faisait. Tout cela s’est passé dans une bonne ambiance et le soir, tous se retrouvaient autour d’un bon repas fait de pousses de bambous bouillies et de riz gluant.

Un imprévu

Les toilettes sèches achevées, Jean -Michel et les villageois se sont aperçus qu‘elles n’étaient pas si sèches que cela ! En effet une mauvaise isolation de la cuve doublée des effets de la mousson n’ont pas permis de maintenir la cuve dans un état de sécheresse suffisant. Les membres du projet sont donc revenus sur place en 2014 pour colmater comme ils l’ont pu les espaces qui laissaient s’infiltrer la pluie. Par précaution une évacuation qui donne dans un puisard (système de drainage) a été ajoutée.

L’association Peuples et montagnes du Mekong

Jean-Michel Courtois a créé l’association Peuples et Montagnes du Mekong afin de permettre à tous ceux qui le veulent de s’investir pour ces villageois laotiens. Le projet prend plus d’envergure et concerne aujourd’hui des domaines comme la médecine. En effet, en 2013, une mission médicale a été menée en compagnie de 3 médecins à Ban Pakeo. Des soins élémentaires ont pu être dispensés aux nécessiteux et la mission a aussi permis de détecter plusieurs cas graves, dont celui d’un jeune adolescent atteint d’une maladie du cœur : une CIV (communication inter ventriculaire) qui nécessite une opération délicate par des chirurgiens cardiologues spécialisés, spécialité n’existe malheureusement pas encore au Laos. Après un an d’efforts pour que la maladie de cet adolescent soit prise en compte, c’est enfin fait depuis le lundi 2 juin. Le garçon a été opéré par une équipe française et il se porte bien! Au mois de juin, une équipe de deux infirmières et d’un infirmier ont commencé une mission de formation auprès des infirmières Lao de l’Hôpital d’Oudomxai. Au mois de Novembre, une deuxième mission médicale sera conduite auprès des villages reculés de montagne.

Au mois de Mai à l’occasion d’un voyage solidaire, l’association a financé l’équipement complet d’une classe de collège (tables, chaises, tableau), y compris de nouvelles toilettes. 5 autres écoles ont été approvisionnées en matériel scolaire classique (cahiers, crayons pour chaque élève). Toujours dans le domaine scolaire, l’association soutient également deux structures un peu particulières : le Centre pour Jeunes Sourds et Malentendants de Luang Prabang et le seul Centre pour Jeunes Autistes existant au Laos à Vientiane.

 Le projet en vidéo

Bourse AVI du Voyage solidaire : Compte rendu du projet « Autopias » en Équateur

Le projet « Autopias » avait pour but de contribuer à l’autonomie des populations défavorisées en proposant des actions participatives, écologiques, peu coûteuses et adaptées aux problématiques locales. Nos lauréats ont donc, pendant 3 mois, dédié leur énergie, leur temps et leur matière grise aux 300 enfants des écoles Primavera et Honrar La Vida, situées dans le quartier défavorisé de Jaime Roldos au nord de Quito, capitale de l’Équateur. Les domaines concernés par les travaux de nos lauréats ont été : la nutrition, l’architecture, la psychologie et l’économie sociale. L’équipe Autopias est composée d’Alexandre VANNIER MOREAU, Maud RIVIERE, Baptiste BOURDEAU, Arnaud BOURBOUAC, Aude GAMBIEZ, Soazic GRARD, Marine PANAZOL.

Nutrition

Le jugo matinal

Pour avancer sur le sujet de la malnutrition dans ces écoles d’Équateur, les membres d’Autopias ont monté un projet durable et écologique. Ce projet est construit autour de la Spiruline. La Spiruline est une algue comestible souvent utilisée comme complément alimentaire. La Spiruline est hyper protéinée et riche en vitamines et minéraux. Les membres d’Autopias ont négocié un partenariat avec Andes Spirulina, une entreprise locale productrice de Spiruline qui s’est engagée à faire des dons de Spiruline régulièrement à l’école Honrar la Vida. D’autre part, ils ont élaboré une préparation appelé « Jugo Matinal » qu’ils ont transmis aux cuisinières de l’école : le jus hyper nourrissant est distribué toute l’année à hauteur de 2 fois par semaine.

Spiruline

Potager éducatif

En ce qui concerne l’école Primavera, l’équipe Autopias a organisé la mise en place d’un potager : retourner la terre et l’enrichir en humus grâce aux déjections des animaux voisins. L’école s’est ensuite chargée d’y planter les graines et les plantes désirées en faisant des ateliers avec les élèves. La création de ce potager va donc servir aux enfants pour apprendre à cultiver, et leur fournira une source de nourriture durable

Architecture et aménagement du territoire

La Quebrada

Le quartier possède une quebrada, c’est-à-dire une faille topographique où s’écoulent les eaux pluviales. Elle est située à quelques centaines de mètres des écoles et est considérée par la plupart des habitants comme une déchèterie. Sous quebradal’impulsion de nos lauréats, s’est constitué un groupe croyant en la possibilité d’en faire un lieu de vie et un parc public.  Avec 60 riverains ils sont parvenus à planter 220 arbres, et 80 mètres carrés de potager sont maintenant prêts à être utilisés par les enfants des écoles Honrar La Vida et Primavera. À long terme, l’objectif est de régénérer ce patrimoine naturel et de le rendre accessible aux habitants : faire d’une déchèterie dangereuse un parc pour tous !

Façade du centre culturel

En réponse à une demande exprimée par le centre culturel Loyola, une minga (travail collectif) a été organisée par les architectes d’Autopias (Alexandre et Marine) avec les habitants du quartier afin de refaire la façade d’entrée du centre culturel grâce à desenduit terre enduits en terre. Afin de favoriser des répliques dans le quartier, un guide a été réalisé: El Manual del enlucido natural con la tierra de su jardin (Manuel d’enduit naturel, avec la terre de son jardin). Des exemplaires à l’espace culturel sont en libre accès au centre.

Psychologie

Des mesures ont été prises afin de travailler sur les problématiques de confiance en soi et d’estime de soi, de maltraitance, de violence familiale, et d’isolement avec les enfants, et sur les liens de solidarité au sein du quartier et la construction de solutions face aux problèmes du quotidien avec les mamans des élèves. Un accord a aussi été établi avec l’Université Centrale d’Équateur et ses étudiants en psychologie dans chacune des écoles. Cette action permet de pérenniser le renforcement du soutien psychologique à Primavera et de l’initier à Honrar la Vida.

Suivi psychologique des enfants

Maud Riviere a suivi une dizaine d’enfants en entretien individuel en travaillant sur des problématiques spécifiques (violence, inceste, solitude, problématiques identitaires) et aide les enfants à renforcer leur confiance en soi, l’auto-estime et l’affirmation de soi.

Autonomie des mères

Chaque soir, Maud et Patricia, la psychologue de l’école, ont reçu des groupes de mères (entre 5 et 10) afin de travailler sur l’autonomie. Durant ces groupes de thérapie communautaire, les psychologues sollicitaient la créativité des participants afin qu’ils travaillent collectivement sur des problématiques vécues isolément (machisme, sentiment de dépendance au mari, enfermement dans des cercles de violence, etc.).

La voie des contes

Activités à base de lectures et jeux de rôles. Ce travail permet au groupe de symboliser des vécus autrement trop difficiles à aborder. Dans un climat social où dominent l’individualisme, la solitude et la méfiance les uns envers les autres, ce groupe a été apprécié des participants qui ont ainsi eu l’opportunité de partager des temps forts émotionnellement et de travailler sur leur vécu tout en restant « protégés » par les personnages du conte, qui à la fois leur évitent de se mettre à nu tout en offrant un prétexte pour parler de soi.

Sensibilisation à la sexualité :

Une intervention « sensibilisation à la sexualité » a eu lieu sur deux jours, auprès de deux classes, dans l’école Primavera. A travers des jeux, activités ludiques et débats, psychologieont été abordées les questions sensibles relatives à l’image du corps, le respect de l’espace vital de chacun, les relations de couple, l’intimité. Un temps de « prévention aux agressions sexuelles » a aussi été intégré dans l’atelier.

Économie sociale

Club de troc

En partenariat avec le CDC (centre culturel de quartier) et La Trueca (association de troc basée à Quito), Baptiste Bourdeau a aidé à mettre en place un système d’échange de type ‘troc’ de biens, de services et de savoirs dans le quartier de la Roldos. Deux femmes se sont engagées à faire vivre l’association en programmant et animant des réunions mensuelles. Un panneau d’annonces a été fixé sur un mur du centre culturel, et La Trueca servira d’interlocuteur direct si besoin. Un jour après la pose du panneau, une dizaine d’annonces étaient déjà affichées! Échange de mobilier, de cours d’anglais, d’informatique, de danse,  etc.

Autopias en vidéo

Projet coup de coeur : Oveng Lodge

Oveng lodge

Le projet Oveng Lodge, qu’est ce que c’est ?

Oveng est un village de 500 habitants au Sud du Cameroun. Hélène Duran et son équipe y ont mis en place un projet du nom de « Oveng Lodge GIC » (Groupement d’Intérêt Communautaire). Oveng Lodge GIC est un lodge écologique et responsable constitué de 6 bungalows construits à partir de matériaux naturels (bois, terre, paille) avec l’aide des populations locales, et d’une plantation de cacaoyers. Le lodge forme et emploie 5 personnes issues de la communauté villageoise. Ce projet a été mis en place pour canaliser le phénomène d’exode rural, qui pose surtout des problèmes par son caractère massif et brutal. Oveng Lodge participe aussi au bien-être des populations locales en leur assurant des revenus.

Le projet en cours:

Aujourd’hui Hélène voudrait résoudre un autre problème grave dont souffrent les habitants de ce village : le manque d’eau. L’équipe d’Oveng Lodge projette de construire 3 forages : 2 pour le village et 1 pour l’école publique. Ces forages Oveng Lodgepermettraient aux populations d’Oveng de ne plus souffrir des problèmes d’eau, et aux enfants de l’école de s’hydrater pendant la récréation. En effet, les femmes et les enfants parcourent en moyenne 5 à 7 km par jour pour aller chercher un peu d’eau potable, ce qui rend la vie vraiment difficile surtout en saison sèche où ils doivent aller encore plus loin. Ce manque d’eau potable occasionne des luttes et beaucoup d’hostilité entre les différentes familles dans le village.

 

Les projets futurs:

Plus tard, Oveng Lodge prévoit de construire un dispensaire pour le village, une bibliothèque à l’école pour les enfants d’Oveng, et de faire venir des instituteurs volontaires pour l’école d’Oveng.   Sans titre

Compte rendu de la Grande Soirée Solidaire 2014

Cette grande soirée du voyage solidaire 2014 fut couronnée de succès ! Une salle comble, de l’émotion, du partage et de la solidarité.

Place aux lauréats:

Les lauréats 2012/13

Les lauréats 2012/13

La soirée a commencé par une présentation de chacun des projets 2013. Les lauréats de l’année dernière nous ont offert un compte rendu de leurs expériences avec une projection de 10 minutes, puis ils nous ont raconté le déroulement de leur projet avant de répondre aux nombreuses questions du public. De belles images et des lauréats très investis ont su transmettre une vive émotion. Les retours sont positifs, beaucoup de travail et de persévérance se sentent dans les récits de nos invités mais les efforts ont porté leurs fruits. En effet les installations et améliorations créées et mises en place (jardin potager, mise en place d’un troc organisé, construction de toilettes sèches, formations autour de l’hygiène et l’alimentation, etc.) sont en activité aujourd’hui, et autonomes. Voici les projets:

  • Jean-Michel Courtois nous a expliqué comment avec son équipe, il a construit des toilettes sèches dans un village au Laos. Ils ont également formé quelques personnes sur place aux questions d’hygiène.
  • Mené par Alexandre Vannier-Moreau, le groupe du projet « Autopias » s’est installé trois mois dans un quartier de Quito en Équateur. Ils y ont mené des actions dans quatre directions : la nutrition, l’architecture, la psychologie et l’économie sociale.
  • Au Malawi, Frédéric Mary a implanté un jardin fruitier et potager géré selon les règles de la permaculture, en concertation avec les équipes locales.
  • François Chassagne et un autre pharmacien ont travaillé pendant neuf mois dans le Mondulkiri au Cambodge, en vue d’une valorisation des savoirs traditionnels de l’ethnie Bunong. Leur action ciblait principalement les plantes à propriétés anti-diarrhéiques/antispasmodiques, antiparasitaire/antibactérienne et réhydratantes/nutritives.

Les lauréats 2014:

Les lauréats 2014 nous ont présenté leurs projets tout autant prometteurs. Voici un résumé des actions qu’ils prévoient de mettre en place :

Lauréats 2014

Les lauréats 2014 avec François Picard et le directeur d’AVI, Philippe Gojon

« Les Hadzabes derrière la caméra«  : Marion Longo réalisera un documentaire sur ce peuple de chasseurs-cueilleurs de Tanzanie. En leur donnant la parole et la caméra, elle espère aider à la sauvegarde de leur culture en péril. « Des Abeilles et des Éléphants«  : Alexia Rondeau et 3 élèves de l’École nationale vétérinaire de Toulouse iront en Zambie inciter certaines communautés à entourer leurs villages de ruches pour se protéger des éléphants. Le but : favoriser l’utilisation des produits de la ruche tout en repoussant les éléphants. « Topo sans frontières – Mission Sri Lanka«  : Loïc Idrès et 6 élèves de l’École Supérieure des Géomètres et Topographes (ESGT) du Mans effectueront la remise en état de bassins de cultures et aideront à rétablir les limites de propriétés. Ils amèneront du matériel et échangeront avec les élèves de l’université locale de topographie.  

Nos invités spéciaux:

Luc Federmeyer et Maurice Freund nous ont présenté leur reportage émouvant sur le tourisme responsable : Alors que la presque totalité du Sahel est sous la menace des enlèvements d’Occidentaux perpétrés par des islamistes, un massif montagneux du Nord du Tchad fait figure d’exception. Pionnier français du tourisme responsable, Maurice Freund, décide d’y emmener un groupe de Français en 2012. Merci à eux d’avoir fait le déplacement et d’avoir pu échanger avec le public.

La fin de soirée:

Les invités ont ensuite longuement discuté autours d’un verre et la soirée s’est terminée comme elle avait commencé, de manière solidaire.

Merci à toutes et à tous d’être venus. Rendez-vous l’année prochaine pour savoir comment ce sont déroulés les projets de nos lauréats 2014 et encourager de nouveaux projets lauréats 2015.

Par Carl SCHROEDER
Minilogo