C’était la Grande soirée du voyage solidaire

Pagode

Lundi 1er juin dernier s’est déroulée la traditionnelle Grande soirée du voyage solidaire, organisée par AVI International et Culture-Aventure qui s’est tenue pour la première fois cette année, dans un cinéma mythique parisien : La Pagode, au cœur du 7è arrondissement.

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Les lauréats 2014 de la Bourse AVI International ont présenté leur comptes-rendus vidéos. Marion Lango venait du Tarn afin de raconter son immersion dans une tribu nomade de Tanzanie. Son projet « Les Hadzabes derrière la caméra » devait donner la parole à ce peuple en lui permettant d’écrire son propre film. La jeune réalisatrice a pu évoquer ses difficultés sur place à concrétiser son projet. Malgré les obstacles, elle poursuit le montage de ce documentaire et entend retourner en Tanzanie afin de le montrer à ceux qui l’ont accueillie.

Tous les membres du projet « Des abeilles et des éléphants » étaient aussi présents à la soirée pour présenter leur compte rendu vidéo. Alexia Rondeau, Hélène Baudel et Marine Pascal sont revenues sur leur initiative de disposer des ruches autour d’un village de Namibie afin d’en éloigner les éléphants et protéger ainsi les champs. Là encore, les difficultés à appréhender les différences culturelles n’ont pas manqué. Mais les étudiantes de l’école vétérinaire de Toulouse sont heureuses d’avoir pu mener à bien leur action, inspirée par les travaux de Lucy King, du Elephant and bees project.

En bonus, le public a pu visionner le compte-rendu vidéo du projet « Educa-Bobo » de Carline Terjan-Coulibaly. Il avait reçu un prix spécial lors de l’édition 2013 de la Bourse AVI International car il prolongeait l’action de Carline et son mari, récompensée en 2011 par la première édition de la Bourse AVI International.

Après avoir été félicités par le directeur d’AVI International Philippe Gojon, les nouveaux lauréats de la Bourse AVI International ont été présentés au public venu nombreux :

L’Art relie les peuples – Street Art Amazonia
Pendant un an, Esther Folleas et Émilie Longin (Rhône) réaliseront une « fresque interculturelle » monumentale et itinérante, constituée par 100 peintures de jeunes de communautés autochtones d’Amazonie péruvienne.

Une production fromagère péruvienne pour dé-marginaliser les Quechua
Pendant un an, Charles Belair et Julia Steiner (Loire) mettront leurs compétences en développement local et durable au profit de l’association ALLPA, qui accompagne ces populations autochtones dans l’amélioration et la commercialisation de leur production laitière.

Cinécyclo Tour du Sénégal
De novembre 2015 à juin 2016, Vincent Hanrion (Côte-d’Or) effectuera un voyage à vélo de 3000 kilomètres pour offrir des projections vidéos grâce à une génératrice à pédales dans des villages isolés dépourvus d’électricité du Sénégal.

Plusieurs membres du jury de la Bourse AVI International étaient présents pour l’évènement :
–  Amandine et François, blogueurs de voyage et auteurs du site un sac sur le dos. – Chloé Faussat, représentait le réseau Twam qui met en relation hôtes et voyageurs souhaitant partager leurs expériences.
– Didier Jehanno, qui a créé il y a plus de 25 ans l’association pour voyageurs ABM.

Pour clôturer la soirée, le réalisateur Denys Piningre a présenté son film « Le néon et le goudron ». Pendant plusieurs années, il a suivi un village du Burkina-Faso, sur le point d’être électrifié et relié au reste du pays par une route goudronnée.

Enfin, le public, les lauréats et membres du jury de la Bourse se sont retrouvés autour d’un cocktail dans les jardins de la Pagode.

Les Hadzabes derrière la caméra

Lauréate 2014 de la Bourse AVI International, Marion Longo nous livre le compte rendu de son voyage.

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Préambule :

En 2012, âgée de 18 ans, je m’envole pour la Tanzanie. Bénéficiaire d’une bourse de voyage Zellidja, cette association qui donne la possibilité à des jeunes de voyager seuls, j’étais partie l’année précédente à vélo à travers l’Angleterre à la découverte de l’écologie. De retour en France, me sentant pousser des ailes et très intriguée par la notion de nomadisme, je tombe par hasard sur un article parlant des nomades chasseurs-cueilleurs.

Alors étudiante en sociologie dans le Tarn et intéressée par l’ethnologie, je me lance alors dans mon deuxième voyage Zellidja: « Les Hadzabes, voyage au berceau de l’Humanité. » Le but, découvrir ces étranges chasseurs-cueilleurs nommés Hadzabes, réputés pour n’avoir ni maison ni propriété, vivant de la chasse et de la cueillette, et que l’on rapproche très souvent, par leur mode de vie, de nos plus lointains ancêtres.

Je passerai deux semaines avec eux, découvrant un univers complètement différent de celui que j’avais imaginé, me confrontant aux réalités de la modernité, du tourisme et des changements inhérents à chaque société. Je commencerai à apprendre le swahili mais surtout la langue de la tribu, l’hadzane. Je découvrirai leur mode de vie en habitant avec eux, en allant chercher l’eau à la rivière asséchée, mais aussi en apprenant à danser avec les femmes devant le petit poste de musique, ou en buvant avec eux la bière locale.

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Les Hadzabes :

Les Hadzabes font partie des derniers groupes de chasseurs-cueilleurs d’Afrique. Parlant l’hadzane, une langue comprenant des clics, leur territoire s’étend tout autour du lac Eyasi, entre la plaine du Serengeti et la vallée du Grand Rift, dans le Nord tanzanien.

De nombreuses ethnies, des nomades pastoralistes tels que les Maasai ou les Barbaig ou des tribus sédentaires pratiquant l’agriculture comme les Sukuma ou les Irawq ont migré afin de trouver un territoire où s’installer et se retrouvent à occuper le territoire des Hadzabes. Sans troupeaux pour prendre possession physiquement d’une terre, ces derniers sont souvent perdants. Leur territoire paraît inoccupé et attire des populations de plus en plus nombreuses.
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La présence de bétails fait fuir le gibier sauvage plus loin encore des campements Hadza. Puisque le bétail s’installe autour des points d’eau, l’accès à l’eau devient un problème de plus en plus récurrent dans les groupes Hadzas. Afin d’acheter l’eau et les aliments qui leur manquent, ils commercent avec ces ethnies. Pour cela, leur seule ressource est bien souvent la visite de touristes dans leur camp et la vente de bijoux en perles.

Découvrant toutes ces problématiques mais aussi des femmes et des hommes particulièrement chaleureux et accueillant, je n’avais au moment de les quitter, qu’une seule idée en tête : revenir.

Le projet :
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De retour en France, je créé le projet « Les Hadzabes derrière la caméra ». Découvrant le milieu de l’audiovisuel et plus particulièrement celui du documentaire, je voulais revenir en terre Hadza afin de leur donner la parole et de faire un film sur mesure avec le groupe que je connais.

L’envie autour de ce projet était d’intégrer les Hadzabes à la création du film en mettant en avant leurs paroles et avis mais aussi en les intégrant au choix du fil directeur du film et de son écriture. Dans la mesure du possible, je souhaitais aussi partager quelques techniques de l’audiovisuel.

Le voyage :

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En janvier je retourne donc en Tanzanie, dans le même groupe Hadza, sur la terre ocre du bush. Je retrouve avec plaisir Nn’on’a, le chef du village, qui m’a tant inspiré pour ce projet. J’ai la surprise de voir un groupe totalement différent. Ça fait parti du lot quand on décide de s’intéresser à des nomades: ils nomadisent, effectivement.

Passées les premières semaines où j’ai pu commencer à filmer, à récupérer quelques automatisme de langue et à me réhabituer au rythme Hadza, je retourne à la ville, Arusha, à 5 heures du bush, afin d’attendre Magali Chapelan.

Jeune camerawoman et réalisatrice toulousaine, elle vient me rejoindre pour un mois afin de m’aider à filmer et à concevoir le film. Une invitée surprise se rajoute, Pauline, vétérinaire baroudeuse habitant la Tanzanie. Elle se joint à nous pour quelques jours. La French Team est en route !

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À travers la route chaotique et poussiéreuse, nous nous rapprochons du Grand Rift, retour à Gorofani pour moi et découverte pour le reste de l’équipe. Petit village de cultivateurs d’ail et de maïs, aux abords du lac, c’est notre base de repos après les séjours en terre Hadza.

J’ai le plaisir de leur présenter Musa Herry Kisanga, guide tanzanien professionnel rencontré lors du premier voyage et qui nous aide à la traduction et à la logistique et participe activement au film.

Grâce au regard nouveau de Magali et Pauline, je redécouvre les problématiques Hadza, remarque des erreurs de jugements et de compréhension.

Tentant de capter le point de vue des Hadzabes, d’orienter mon regard avec le leur, je rebondis sur une demande de Nn’on’a : il aimerait profiter de ma venue pour acquérir une moto. Pourquoi une moto? Quel intérêt, quels besoins? Quel impact sur leur mode de vie, quels changements ? Après avoir dis au revoir à Pauline partie barouder plus loin, on tente avec Magali de cerner cette problématique et de comprendre le point de vue du groupe sur cette moto qu’ils désirent et qu’ils voient comme une solution pratique à leurs problèmes.

Après deux semaines à filmer et interroger les Hadzas, Magali repart.
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Quelques problèmes administratifs et financiers me forcent à reculer mon dernier séjour en terre Hadza et à l’écourter. Je reviens mi-mars pour seulement une semaine au lieu de trois. Mon départ précipité créé une discussion au sein du camp sur le prix que je dois payer au village de Gorofani pour avoir le droit de rester avec les Hadzabes dans leur camp, argent dont ils ne voient pas la couleur et qui profitent seulement au gouvernement du village.

Nn’on’a décide qu’il est temps pour les Hadzabes de changer leur manière de faire et d’aller s’asseoir avec le gouvernement du village pour aller défendre leur droit.

Je suis heureuse que mon séjour ai pu déclencher au minimum cette volonté d’utiliser les manières de faire « du dehors » pour défendre leurs droits, et j’espère, par mon film actuel et mes futurs projets auprès d’eux, contribuer à contrebalancer cette nécessité de reprendre les outils d’un système qui n’est pas le leur pour défendre leurs droits, par un travail de captation et de réflexion sur leur culture, leurs savoir-faire et leur langue.

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De ces rencontres humaines, de ces vie séparées par nos différences culturelles et de qui je me suis pourtant senties si proches, j’ai tenté d’en capter toute la beauté, la fragilité mais aussi l’intensité, j’ai voulu mettre en valeur la singularité de chaque personne plutôt que l’exotisme d’une tribu réduite à son entité.

En quête de sens et manquant cependant d’expérience dans l’audiovisuel, apprenant le langage de la caméra en même temps que le swahili et l’hadzane, j’ai eu du mal à intégrer les Hadzabes au processus de création d’un film que je ne contrôlais pas du tout.

Occupée à m’adapter à leur manière de faire qui n’était pas la mienne, leur manière d’avoir des paroles et des points de vue qui ne se captaient pas comme je l’imaginais, mettant toute ma volonté à démêler les fils de leur situation, de leur volonté, je n’ai pas réussi à les mettre derrière la caméra au sens technique.

Je me suis plutôt appliquée à oublier mes envies, mes stéréotypes et à suivre leur regard afin de capter leur parole de manière plus subtile que lors des interviews officielles les rendant timides, ou en leur demandant directement « Que dois-je filmer? », ce qui les amenaient seulement à me montrer ce qu’ils savaient intéresser les touristes.
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Et après :

De ces trois mois intenses ont été tirées 40 heures de vidéo, de bouts de vies et de paroles, de questionnements et de rires. Maintenant, il faut créer le film. Et bien sûr pour le diffuser: y retourner.

Comment obtenir son PVT pour le Canada : tout ce qu’il faut savoir !

Vous aussi vous souhaitez tenter l’expérience Canada? Pays du sirop d’érable et des caribous? Un an d’aventure dans l’une des destinations les plus convoitées par les voyageurs du monde entier… Mais attention, le visa « Vacances-Travail » pour le Canada est un des plus difficiles à obtenir, alors mieux vaut être bien préparé. Dans cet article nous vous donnerons nos conseils ainsi que toutes les étapes à passer avant d’obtenir votre PVT. Il faut savoir qu’il est possible que certaines modifications aient été faites depuis l’année dernière. Les informations concernant l’EIC 2015 (et notamment la catégorie « Vacances-travail » -PVT-) seront affichées sur le site www.amb-canada.fr/eic dès qu’elles seront disponibles.

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Critères d’admissibilité

Voici tout d’abord les critères auxquels vous devez répondre afin d’être éligible pour un visa pour le Canada:

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Kudimba : Un jardin au Malawi

Lauréat de la Bourse AVI International 2013, Frédéric Mary a mené une action exemplaire au Malawi, dans un orphelinat. Il vous présente ci-dessous le compte-rendu de son projet.

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KUDIMBA, un jardin au Malawi

Kudimba, “notre jardin” en Chichewa, la langue officielle du Malawi, est un projet
inspiré par Kunyumba, le centre d’accueil pour enfants handicapés et orphelins de
Senga Bay/Malawi, créé en 2008 par Maaike Bruynooghe, sage-femme belge,
Diethelm Kleinstoll, médecin, et Vera Kleinstoll, ergomotricienne, tous deux
d’origine allemande.

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En 2012-2013, je traverse l’Afrique à vélo. Je parcours l’Afrique du sud, le Lesotho, la Namibie, le Botswana, la Zambie puis arrive au Malawi…

Une révélation ! Frappé par la beauté des paysages et l’extrême gentillesse de la population, je m’attarde sur les rives du lac, traversant le pays du sud au nord.

Sur les plages de sable blanc de Senga Bay, je rencontre Maaike Bruynooghe, qui m’invite à venir visiter Kunyumba, le centre d’accueil pour enfants orphelins et/ou handicapés qu’elle a créé.

Chaque jour, elle reçoit 25 enfants encadrés par une équipe locale de 8 personnes toutes issues des villages alentours. Chaque soir, afin de ne pas rompre le lien social, les enfants sont accueillis dans des familles d’accueil au sein du village.

Quelques mois plus tard, rentrés en Europe, j’imagine, avec le support de Maaike, un nouveau projet inspiré par Kunyumba.

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Nous l’appelons « Kudimba », “Notre jardin” dans la langue locale chichewa.

Il consiste en la création d’un jardin potager et fruitier au sein de Kunyumba. Ce jardin est régi selon les règles de la permaculture. La permaculture est un mode de pensée global visant à la préservation et la sauvegarde de l’écosystème planétaire.

Elle conçoit des systèmes inspirés par les principes de la nature et encadre l’intégration harmonieuse de l’environnement et des populations.

Ces systèmes fournissent une alimentation de qualité, des abris, de l’énergie et satisfont l’ensemble des besoins humains de manière durable.

Ils intègrent la production alimentaire, les structures, les technologies, l’énergie, les ressources naturelles, l’aménagement paysager, les animaux, les végétaux et les structures sociales et économiques. Les principes s’appliquent aux zones urbaines et rurales et s’adaptent à toute échelle.

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Kunyumba est installé à Senga Bay, un village de pêcheur sur les rives du lac Malawi.

Construit sur une dune de sable, il subit une forte érosion en période de pluies. La déforestation systématique accentue le phénomène, créant parfois de profonds ravins, à l’intérieur du village. Dans cet environnement, le sol, essentiellement sableux est difficile à cultiver sans techniques appropriées. Les populations locales, peu informées, utilisent des doses massives d’engrais et pesticides chimiques pour tenter de faire pousser quelques maigres légumes.

Sensibilisés aux questions environnementales, nous étudions une méthode de culture alternative, non polluante et durable car respectueuse des sols et des hommes : la permaculture.

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LA RÉALISATION

Partis en septembre 2013, nous consacrons 4 mois à la réalisation du projet.

La première étape consiste à nous former localement aux techniques de permaculture adaptées aux pays tropicaux.

C’est à Livingstonia dans les montagnes du nord du Malawi que Auke et Lieza, installés au Malawi depuis 17 ans, proposent des formations techniques et pratiques adaptées aux modes de culture locale.

Afin de partager nos connaissances, Peter et Innocent, respectivement gérant et jardinier de Kunyumba nous accompagnent.

En une semaine de cours intensives rythmés par de nombreux exercices pratiques, nous apprenons la gestion des sols, de l’eau et la façon de panacher les variétés de plantes, fleurs, fruits et légumes de façon durable pour favoriser la biodiversité.

Nous clôturons cette semaine de cours en dessinant un plan adapté à notre environnement et à ses contraintes.

Forts de cet enseignement, nous revenons à Senga Bay très motivés et commençons les travaux illico. La saison des pluies approche et nous souhaitons terminer les plantations avant les premières pluies afin de bénéficier au maximum de cet arrosage naturel.

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Après mûre réflexion, nous commençons par abattre de grands arbres. Ces « Gemelinas » importés d’Asie lors de la période coloniale servaient à la charpente. Ils produisent malheureusement des fruits très acides qui empêchent toute culture dans leur immédiate proximité.

Dans le même temps nous replantons, 75 arbres, que nous importons des forêts du nord du Malawi. Nous les implantons sur la partie basse du terrain, là ou le sol, très sableux, soufre le plus de l’érosion lors des fortes pluies.

Sur 75 arbres plantés, nous n’en perdons que 2, un record dans ces conditions de sols et de météo difficiles.

Nous implantons notre jardin principal sur la partie médiane du terrain, là où en période de pluie, l’eau stagne. Le jardin profitera de cet apport en eau important et drainera le sol autour des habitations qui soufrent beaucoup de l’humidité, avant la saison des pluies.

Nous y plantons une grande variété de plantes, fruits et légumes, entourés de fleurs qui attirent de précieux pollinisateurs…

Après seulement 3 semaines, nous observons, incrédules, la pousse d’un épais tapis végétal. Le climat subtropical, chaud et humide est très adapté à l’agriculture. Il favorise la croissance de plantes qui mettraient des mois à sortir de terre en Europe.

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LES BÉNÉFICES

Seulement 3 mois et demi après notre arrivée. Le projet est un succès. Un an après, c’est une réussite.

Nous cultivons des fruits et légumes destinés à l’alimentation des enfants du centre. Fragiles, une alimentation saine, équilibrée et abondante renforce leurs défenses immunitaires.

Nous interagissons et travaillons avec la nature de façon thérapeutique avec les enfants :

  • En développant les capacités motrices et sensorielles des enfants atteints d’un handicap au travers d’une activité utile et valorisante.
  • En donnant la possibilité aux enfants du centre et au personnel d’apprendre de nouvelles techniques afin de les utiliser et et de les enseigner plus tard.
  • En travaillant en équipe avec la satisfaction d’un résultat concret et motivant après un effort commun.
  • En donnant à chaque enfant l’occasion de réussir en se sentant unique et valorisé en dépit de leurs limites physiques et mentales.
  • Nous contribuons aux financements du projet en vendant l’excédent de production ; les profits générés ont permit l’achat d’un système d’arrosage.

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LES SUITES DU PROJET

Le projet ayant été un succès. Il ouvre forcément des perspectives sur des projets de plus grande ampleur dans les années à venir.

Nous envisageons d’ors et déjà la création d’un Centre d’Aide par le Travail (C.A.T).

Les plus grands enfants accueillis par Kunyumba seront bientôt des adultes et la société malawite ne propose pas d’aide ou d’emplois assistés pour de jeunes adultes présentant un handicap moteur ou mental.

Nous souhaitons proposer, dans un environnement de travail sûr et motivant, la création d’un jardin potager et fruitier organique au sein d’une ferme gérée selon les règles de la permaculture. Le centre proposera un accueil de jour pour de jeunes gens en situation de handicap ou en détresse sociale.

Ce centre d’aide par le travail, favorisera une intégration harmonieuse de ces jeunes adultes vulnérables dans leur environnement social et naturel. Le but n’étant pas d’assister mais de rendre autonome nos résidents temporaires en développant et valorisant leur potentiel.

Nous leur offrirons la possibilité d’apprendre, d’expérimenter et d’acquérir de nouvelles compétences pour qu’à terme, ils puissent générer leurs propres revenus et mener une vie ”normale”.

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A plus large échelle, notre action visera à briser le cycle intergénérationnel de vulnérabilité à l’origine de nombreux problèmes sociaux ou de santé (troubles psychiatriques et ou handicap) que nous avons constatés au Malawi.

La ferme sera auto-suffisante et produira une nourriture de qualité, abondante et variée, utilisée pour les besoins du centre. Elle sera également vendue sur les marchés alentours et dans les restaurants et hôtels, soucieux d’offrir une nourriture locale de qualité. Nous produirons également des compléments alimentaires naturels (moringa ou neem) à forte valeur ajoutée, sur un marché en pleine croissance. Les bénéfices générés financeront le développement futur du projet.

Parce que nous pensons que bon nombre de problèmes liés à l’enfance viennent d’une mauvaise voire d’une absence éducation sexuelle. Nous souhaitons, au travers d’un partenariat, avec le service maternité de la clinique de Salima, prodiguer des conseils et des soins de santé généraux et sexuels aux jeunes pensionnaires de la ferme.

Ainsi, nous orienterons les jeunes de la communauté de Senga Bay au travers d’une activité de planification familiale. L’objectif étant de réduire le nombre de grossesses précoces, accidentelles ou non-voulues et d’enseigner aux jeunes gens à se protéger contre le viol, le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles.

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Un suivi personnalisé sera proposé aux femmes enceintes présentant des risques, en raison de leur jeune âge, d’un handicap ou de toutes autres raisons justifiant notre action.

Deux bungalows seront installés sur le terrain de la ferme. Ils permettront de recevoir, dans un environnement préservé, en pension complète, des sages-femmes occidentales soucieuses de compléter leur cursus professionnel en travaillant dans le service maternité de la clinique de Salima.

Cette activité hôtelière sera gérée par les jeunes adultes du centre, supportés par le personnel local, au travers d’un programme de formation visant à leur donner l’autonomie et l’expérience nécessaire à la recherche d’un emploi dans un secteur du tourisme en plein essor.


Bourse AVI du Voyage Solidaire : Compte rendu du projet Educ’A Bobo

L’année dernière, le prix spécial du jury a été attribué au projet Educ’a Bobo, piloté par Carline TERJAN-COULIBALY. Dans le cadre de son projet avec AVI, Carline est partie au Burkina Faso, dans la ville de Bobo-Dioulasso. Petite précision : une classe dans les écoles au Burkina Faso est constituée de 90 à 200 élèves. C’est pourquoi Carline s’est rendue dans le village de Bobo-Dioulasso pour y construire une école. Son but était de favoriser la scolarisation et de permettre l’accès à une éducation de qualité aux enfants démunis.

Les travaux

Avant de partir, Carline et son équipe ont suivi un stage de 2 semaines dans une entreprise du bâtiment située dans les hauts de Seine près de Paris. Pendant leur stage ils ont pu se rendre sur différents chantier et participer aux activités sur place. De cette façon les participants ont pu acquérir les compétences en maçonnerie et en construction nécessaires à la réalisation d’un tel chantier.

Bâtiment A

Les travaux ont commencé par le bâtiment A et la maçonnerie, le sol et les murs.

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Une fois le sol et les murs installés, l’équipe a pu monter la toiture.
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L’équipe Educa’Bobo s’est ensuite attelé aux fermetures métalliques : fenêtres et portes.
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Ont alors commencé l’installation de l’électricité, des dalles au sol et de tout le crépissage intérieur.educabobo 4

La finition extérieure a alors clôturé la partie construction de ce premier bâtiment.educa'bobo5.docx

Les murs et le tableau ont ensuite été peints et le matériel scolaire a été commandé puis installé. Ce premier bâtiment servira à accueillir 2 classes de primaire.

 Bâtiment B

Pour le bâtiment B, Carline s’est occupé seulement de la fabrication des briques et de la préparation du terrain sur lequel sera construit ce deuxième bâtiment.

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Les travaux ont continué après leur départ et l’inauguration a eu lieu le 1er Octobre 2014. L’équipe continue cependant à chercher des parrainages pour permettre aux familles en très grande précarité de fréquenter cette école.

 Communication:

Sur le plan de la communication autour de cette école, Carline a pu produire :

  • 2 panneaux de signalisation : 1 pour l’enseigne sur la façade de l’école, l’autre pour indiquer l’école depuis la grande voie à proximité
  • 1 modèle d’affichette annonçant l’inauguration de l’école, pour communiquer auprès des populations et des autorités locales
  • 1 modèle de prospectus invitant la population à s’inscrire (présentation de l’école et de ses avantages, dates d’inscription, tarifs

Une école utile et efficace pour des enseignements de qualité à un prix inférieur aux autres écoles existantes…Bravo à Educ’a Bobo pour ce beau projet. 

Bourse AVI du Voyage Solidaire : Compte rendu du projet Hygiène et Santé dans les villages Hmong du Laos

L’origine du projet

C’est en 2010, pendant un voyageVillage au Laos, que Jean-Michel Courtois découvre le village Hmong. Cette belle histoire est née d’un heureux hasard. Quand son guide et lui s’embarquent sur une mauvaise piste dans la montagne de Ban Huey Pong, ils étaient loin d’imaginer l’histoire qui s’en suivrait. Ils marchèrent dans la forêt pendant 8 heures avant de tomber sur ces villageois avec qui il noua des liens très forts. Cette découverte fut pour Jean-Michel un choc émotionnel et culturel et il s’engagea à y revenir l’année suivante.Famille Hmong

Les toilettes sèches

Notre lauréat a voulu commencer par améliorer les conditions d’hygiène dans lesquelles vivaient ces villageois. La première étape est passée par la construction de toilettes sèches. C’est une construction difficile à réaliser et qui a mobilisé l’énergie de tout le village. Pour ce faire, l’équipe a pris contact avec les services du Parc Régional du Pilat, au dessus de Saint-Étienne, qui avaient installé en toute satisfaction ce type de toilettes dans son Parc. L’entreprise spécialisée a donné l’autorisation de s’inspirer de leurs plans. Pour finaliser le projet, un membre ami architecte a par ailleurs adapté les plans en fonction des possibilités techniques locales.plans Le principe de ces toilettes est relativement simple. Il s’agit d’intercaler dans la fosse une grille métallique qui fait office de séparation entre le solide et le liquide. Le solide reste sur la grille et est séché par la chaleur ambiante et par un fort système de ventilation. Deux grilles à l’arrière des toilettes permettent de récupérer la matière et de s’en servir comme compost. Le liquide quant à lui s’évapore. La condition d’un bon fonctionnement suppose que les toilettes soient orientées plein Sud et que la fosse soit parfaitement hermétique.

Le chantier

La première étape de la construction a été de rassembler les différents matériaux pour pouvoir mener à bien le chantier. Le ciment et les parpaings ont été achetés dans la vallétravauxe à une vingtaine de kilomètres du village. Les différents éléments métalliques permettant d’assembler les grilles ont été, eux, achetés à une cinquantaine de kilomètres. Ces achats éloignés ont également posé le problème de leur récupération. À l’inverse, le sable et les galets ont directement été pris dans la rivière. travaux2Le chantier s’est déroulé en plusieurs étapes avec la participation de tout le village. Femmes, adolescents et hommes ont donné de leur personne pour que les toilettes sortent de terre. Curieux, les enfants ne perdaient rien de ce qui se faisait. Tout cela s’est passé dans une bonne ambiance et le soir, tous se retrouvaient autour d’un bon repas fait de pousses de bambous bouillies et de riz gluant.

Un imprévu

Les toilettes sèches achevées, Jean -Michel et les villageois se sont aperçus qu‘elles n’étaient pas si sèches que cela ! En effet une mauvaise isolation de la cuve doublée des effets de la mousson n’ont pas permis de maintenir la cuve dans un état de sécheresse suffisant. Les membres du projet sont donc revenus sur place en 2014 pour colmater comme ils l’ont pu les espaces qui laissaient s’infiltrer la pluie. Par précaution une évacuation qui donne dans un puisard (système de drainage) a été ajoutée.

L’association Peuples et montagnes du Mekong

Jean-Michel Courtois a créé l’association Peuples et Montagnes du Mekong afin de permettre à tous ceux qui le veulent de s’investir pour ces villageois laotiens. Le projet prend plus d’envergure et concerne aujourd’hui des domaines comme la médecine. En effet, en 2013, une mission médicale a été menée en compagnie de 3 médecins à Ban Pakeo. Des soins élémentaires ont pu être dispensés aux nécessiteux et la mission a aussi permis de détecter plusieurs cas graves, dont celui d’un jeune adolescent atteint d’une maladie du cœur : une CIV (communication inter ventriculaire) qui nécessite une opération délicate par des chirurgiens cardiologues spécialisés, spécialité n’existe malheureusement pas encore au Laos. Après un an d’efforts pour que la maladie de cet adolescent soit prise en compte, c’est enfin fait depuis le lundi 2 juin. Le garçon a été opéré par une équipe française et il se porte bien! Au mois de juin, une équipe de deux infirmières et d’un infirmier ont commencé une mission de formation auprès des infirmières Lao de l’Hôpital d’Oudomxai. Au mois de Novembre, une deuxième mission médicale sera conduite auprès des villages reculés de montagne.

Au mois de Mai à l’occasion d’un voyage solidaire, l’association a financé l’équipement complet d’une classe de collège (tables, chaises, tableau), y compris de nouvelles toilettes. 5 autres écoles ont été approvisionnées en matériel scolaire classique (cahiers, crayons pour chaque élève). Toujours dans le domaine scolaire, l’association soutient également deux structures un peu particulières : le Centre pour Jeunes Sourds et Malentendants de Luang Prabang et le seul Centre pour Jeunes Autistes existant au Laos à Vientiane.

 Le projet en vidéo

Bourse AVI du Voyage solidaire : Compte rendu du projet « Autopias » en Équateur

Le projet « Autopias » avait pour but de contribuer à l’autonomie des populations défavorisées en proposant des actions participatives, écologiques, peu coûteuses et adaptées aux problématiques locales. Nos lauréats ont donc, pendant 3 mois, dédié leur énergie, leur temps et leur matière grise aux 300 enfants des écoles Primavera et Honrar La Vida, situées dans le quartier défavorisé de Jaime Roldos au nord de Quito, capitale de l’Équateur. Les domaines concernés par les travaux de nos lauréats ont été : la nutrition, l’architecture, la psychologie et l’économie sociale. L’équipe Autopias est composée d’Alexandre VANNIER MOREAU, Maud RIVIERE, Baptiste BOURDEAU, Arnaud BOURBOUAC, Aude GAMBIEZ, Soazic GRARD, Marine PANAZOL.

Nutrition

Le jugo matinal

Pour avancer sur le sujet de la malnutrition dans ces écoles d’Équateur, les membres d’Autopias ont monté un projet durable et écologique. Ce projet est construit autour de la Spiruline. La Spiruline est une algue comestible souvent utilisée comme complément alimentaire. La Spiruline est hyper protéinée et riche en vitamines et minéraux. Les membres d’Autopias ont négocié un partenariat avec Andes Spirulina, une entreprise locale productrice de Spiruline qui s’est engagée à faire des dons de Spiruline régulièrement à l’école Honrar la Vida. D’autre part, ils ont élaboré une préparation appelé « Jugo Matinal » qu’ils ont transmis aux cuisinières de l’école : le jus hyper nourrissant est distribué toute l’année à hauteur de 2 fois par semaine.

Spiruline

Potager éducatif

En ce qui concerne l’école Primavera, l’équipe Autopias a organisé la mise en place d’un potager : retourner la terre et l’enrichir en humus grâce aux déjections des animaux voisins. L’école s’est ensuite chargée d’y planter les graines et les plantes désirées en faisant des ateliers avec les élèves. La création de ce potager va donc servir aux enfants pour apprendre à cultiver, et leur fournira une source de nourriture durable

Architecture et aménagement du territoire

La Quebrada

Le quartier possède une quebrada, c’est-à-dire une faille topographique où s’écoulent les eaux pluviales. Elle est située à quelques centaines de mètres des écoles et est considérée par la plupart des habitants comme une déchèterie. Sous quebradal’impulsion de nos lauréats, s’est constitué un groupe croyant en la possibilité d’en faire un lieu de vie et un parc public.  Avec 60 riverains ils sont parvenus à planter 220 arbres, et 80 mètres carrés de potager sont maintenant prêts à être utilisés par les enfants des écoles Honrar La Vida et Primavera. À long terme, l’objectif est de régénérer ce patrimoine naturel et de le rendre accessible aux habitants : faire d’une déchèterie dangereuse un parc pour tous !

Façade du centre culturel

En réponse à une demande exprimée par le centre culturel Loyola, une minga (travail collectif) a été organisée par les architectes d’Autopias (Alexandre et Marine) avec les habitants du quartier afin de refaire la façade d’entrée du centre culturel grâce à desenduit terre enduits en terre. Afin de favoriser des répliques dans le quartier, un guide a été réalisé: El Manual del enlucido natural con la tierra de su jardin (Manuel d’enduit naturel, avec la terre de son jardin). Des exemplaires à l’espace culturel sont en libre accès au centre.

Psychologie

Des mesures ont été prises afin de travailler sur les problématiques de confiance en soi et d’estime de soi, de maltraitance, de violence familiale, et d’isolement avec les enfants, et sur les liens de solidarité au sein du quartier et la construction de solutions face aux problèmes du quotidien avec les mamans des élèves. Un accord a aussi été établi avec l’Université Centrale d’Équateur et ses étudiants en psychologie dans chacune des écoles. Cette action permet de pérenniser le renforcement du soutien psychologique à Primavera et de l’initier à Honrar la Vida.

Suivi psychologique des enfants

Maud Riviere a suivi une dizaine d’enfants en entretien individuel en travaillant sur des problématiques spécifiques (violence, inceste, solitude, problématiques identitaires) et aide les enfants à renforcer leur confiance en soi, l’auto-estime et l’affirmation de soi.

Autonomie des mères

Chaque soir, Maud et Patricia, la psychologue de l’école, ont reçu des groupes de mères (entre 5 et 10) afin de travailler sur l’autonomie. Durant ces groupes de thérapie communautaire, les psychologues sollicitaient la créativité des participants afin qu’ils travaillent collectivement sur des problématiques vécues isolément (machisme, sentiment de dépendance au mari, enfermement dans des cercles de violence, etc.).

La voie des contes

Activités à base de lectures et jeux de rôles. Ce travail permet au groupe de symboliser des vécus autrement trop difficiles à aborder. Dans un climat social où dominent l’individualisme, la solitude et la méfiance les uns envers les autres, ce groupe a été apprécié des participants qui ont ainsi eu l’opportunité de partager des temps forts émotionnellement et de travailler sur leur vécu tout en restant « protégés » par les personnages du conte, qui à la fois leur évitent de se mettre à nu tout en offrant un prétexte pour parler de soi.

Sensibilisation à la sexualité :

Une intervention « sensibilisation à la sexualité » a eu lieu sur deux jours, auprès de deux classes, dans l’école Primavera. A travers des jeux, activités ludiques et débats, psychologieont été abordées les questions sensibles relatives à l’image du corps, le respect de l’espace vital de chacun, les relations de couple, l’intimité. Un temps de « prévention aux agressions sexuelles » a aussi été intégré dans l’atelier.

Économie sociale

Club de troc

En partenariat avec le CDC (centre culturel de quartier) et La Trueca (association de troc basée à Quito), Baptiste Bourdeau a aidé à mettre en place un système d’échange de type ‘troc’ de biens, de services et de savoirs dans le quartier de la Roldos. Deux femmes se sont engagées à faire vivre l’association en programmant et animant des réunions mensuelles. Un panneau d’annonces a été fixé sur un mur du centre culturel, et La Trueca servira d’interlocuteur direct si besoin. Un jour après la pose du panneau, une dizaine d’annonces étaient déjà affichées! Échange de mobilier, de cours d’anglais, d’informatique, de danse,  etc.

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