Les lauréats 2015 de la Bourse AVI du Voyage Solidaire

Le jury de la bourse AVI du voyage solidaire s’est réuni le mardi 19 mai. Les 3 lauréats 2015 sont donc officiellement sélectionnés.

Voici un court résumé de chaque projet. Chaque porteur de projet viendra le présenter également en personne le 1er juin lors de la grande soirée du voyage solidaire.

Ciné-Cyclo

Ce projet consiste en un voyage à vélo de 6 mois et 3 000 km dans l’objectif de faire des projections dans des villages isolés et dépocinecyclourvus d’électricité au Sénégal.

Projet coup de cœur du jury quasiment à l’unanimité. Pour des villageois vivant sans électricité, pouvoir assister à une séance de cinéma est un cadeau inestimable. La plupart des films projetés sont de réalisateurs sénégalais, (parfois dans les dialectes locaux), comme par exemple le court-métrage « Way Out » de Yukai Du.
L’énergie nécessaire à la projection sera fournie par une génératrice à pédale, une dimension écologique qui a joué en faveur du projet.

Street Art Amazonia Esperanza

Le but de ce projet est de créer une « fresque interculturelle » monumentale et itinérante. Cette fresque sera composée de 100 peintures réalisées par des jeunes issus de différentes communautés d’Amazonie péruvienne. Ce voyage contribuera ainsi à la transmission des savoirs ancestraux et au regroupement interculturel des communautés péruviennes.

street art

Au Pérou, les populations vivant très coupées les unes des autres, l’aspect échange interculturel a été un élément déterminant dans le vote du jury. Ce projet sera l’occasion d’un rapprochement au nom d’une histoire commune.

Valorisation d’une production fromagère au Pérou

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Affinage du fromage par une famille Quechua

Ce projet a pour but d’aider des communautés Quechua (Pérou) marginalisées peinant à subvenir à leurs besoins. Nos lauréats, originaires du Massif Central, partent au Pérou pour aider au développement  d’une production fromagère traditionnelle Quechua.
Pour ce faire, les lauréats vont repérer les marques, labels, et chartes existantes au Pérou et en Amérique du Sud afin de créer des partenariats. Pour promouvoir ces produits laitiers, le groupe prévoit aussi la définition d’une stratégie de commercialisation ainsi que l’organisation d’événements.

Les récompenses :

AVI International offrira aux 3 lauréats :

Grande soirée du voyage solidaire

Pour la 5ème année, AVI International et Culture-Aventure organisent la Grande Soirée du Voyage Solidaire qui se tiendra le 1er juin à partir de 20h au cinéma La Pagode Paris 7ème.

Lors de cette soirée sur le thème de la découverte et de la solidarité, vous pourrez :

•    retrouver les lauréats 2014 qui vous présenteront leur projet réalisé et en images
•    découvrir les lauréats 2015 qui vous parleront de leurs ambitions en devenir
•    assister à la projection du filme Le Néon et le Goudron en présence de son réalisateur Denys Piningre.

La projection sera suivie du traditionnel verre solidaire qui viendra clôturer cette soirée 2015 du voyage solidaire.

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Infos pratiques

Par Carl SCHROEDER
Minilogo

5° Bourse AVI du Voyage Solidaire – Jury 2015

Le jury de la 5° bourse AVI du Voyage Solidaire se réunira le mardi 19 mai de 9h30 à 16h30 dans nos bureaux à Paris.
Composé cette année de blogueurs, journalistes, responsables d’études à l’étranger et bien sûr des membres de l’équipe AVI, le jury choisira les 3 nouveaux lauréats parmi les 83 dossiers reçus cette année.

Jury Bourse 2015

Grande soirée du Voyage Solidaire

Pour la 5° année, AVI International et Culture-Aventure organisent la Grande Soirée du Voyage Solidaire le 1er juin à partir de 20h au cinéma La Pagode à Paris

Lors de cette soirée sur le thème de la découverte et de la solidarité, vous pourrez

  • y retrouver les lauréats 2014 qui vous présenteront leurs projets réalisés et en images
  • Les lauréats 2015 vous parleront de leurs ambitions en devenir
  • Enfin, le réalisateur Denys Piningre sera présent pour vous présenter son long-métrage : « Le Néon et le Goudron »

La projection sera suivie du traditionnel verre solidaire qui viendra clôturer cette soirée 2015 du voyage solidaire.

Infos pratiques

Comment obtenir son PVT pour le Canada : tout ce qu’il faut savoir !

Vous aussi vous souhaitez tenter l’expérience Canada? Pays du sirop d’érable et des caribous? Un an d’aventure dans l’une des destinations les plus convoitées par les voyageurs du monde entier… Mais attention, le visa « Vacances-Travail » pour le Canada est un des plus difficiles à obtenir, alors mieux vaut être bien préparé. Dans cet article nous vous donnerons nos conseils ainsi que toutes les étapes à passer avant d’obtenir votre PVT. Il faut savoir qu’il est possible que certaines modifications aient été faites depuis l’année dernière. Les informations concernant l’EIC 2015 (et notamment la catégorie « Vacances-travail » -PVT-) seront affichées sur le site www.amb-canada.fr/eic dès qu’elles seront disponibles.

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Critères d’admissibilité

Voici tout d’abord les critères auxquels vous devez répondre afin d’être éligible pour un visa pour le Canada:

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Kudimba : Un jardin au Malawi

Lauréat de la Bourse AVI International 2013, Frédéric Mary a mené une action exemplaire au Malawi, dans un orphelinat. Il vous présente ci-dessous le compte-rendu de son projet.

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KUDIMBA, un jardin au Malawi

Kudimba, “notre jardin” en Chichewa, la langue officielle du Malawi, est un projet
inspiré par Kunyumba, le centre d’accueil pour enfants handicapés et orphelins de
Senga Bay/Malawi, créé en 2008 par Maaike Bruynooghe, sage-femme belge,
Diethelm Kleinstoll, médecin, et Vera Kleinstoll, ergomotricienne, tous deux
d’origine allemande.

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En 2012-2013, je traverse l’Afrique à vélo. Je parcours l’Afrique du sud, le Lesotho, la Namibie, le Botswana, la Zambie puis arrive au Malawi…

Une révélation ! Frappé par la beauté des paysages et l’extrême gentillesse de la population, je m’attarde sur les rives du lac, traversant le pays du sud au nord.

Sur les plages de sable blanc de Senga Bay, je rencontre Maaike Bruynooghe, qui m’invite à venir visiter Kunyumba, le centre d’accueil pour enfants orphelins et/ou handicapés qu’elle a créé.

Chaque jour, elle reçoit 25 enfants encadrés par une équipe locale de 8 personnes toutes issues des villages alentours. Chaque soir, afin de ne pas rompre le lien social, les enfants sont accueillis dans des familles d’accueil au sein du village.

Quelques mois plus tard, rentrés en Europe, j’imagine, avec le support de Maaike, un nouveau projet inspiré par Kunyumba.

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Nous l’appelons « Kudimba », “Notre jardin” dans la langue locale chichewa.

Il consiste en la création d’un jardin potager et fruitier au sein de Kunyumba. Ce jardin est régi selon les règles de la permaculture. La permaculture est un mode de pensée global visant à la préservation et la sauvegarde de l’écosystème planétaire.

Elle conçoit des systèmes inspirés par les principes de la nature et encadre l’intégration harmonieuse de l’environnement et des populations.

Ces systèmes fournissent une alimentation de qualité, des abris, de l’énergie et satisfont l’ensemble des besoins humains de manière durable.

Ils intègrent la production alimentaire, les structures, les technologies, l’énergie, les ressources naturelles, l’aménagement paysager, les animaux, les végétaux et les structures sociales et économiques. Les principes s’appliquent aux zones urbaines et rurales et s’adaptent à toute échelle.

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Kunyumba est installé à Senga Bay, un village de pêcheur sur les rives du lac Malawi.

Construit sur une dune de sable, il subit une forte érosion en période de pluies. La déforestation systématique accentue le phénomène, créant parfois de profonds ravins, à l’intérieur du village. Dans cet environnement, le sol, essentiellement sableux est difficile à cultiver sans techniques appropriées. Les populations locales, peu informées, utilisent des doses massives d’engrais et pesticides chimiques pour tenter de faire pousser quelques maigres légumes.

Sensibilisés aux questions environnementales, nous étudions une méthode de culture alternative, non polluante et durable car respectueuse des sols et des hommes : la permaculture.

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LA RÉALISATION

Partis en septembre 2013, nous consacrons 4 mois à la réalisation du projet.

La première étape consiste à nous former localement aux techniques de permaculture adaptées aux pays tropicaux.

C’est à Livingstonia dans les montagnes du nord du Malawi que Auke et Lieza, installés au Malawi depuis 17 ans, proposent des formations techniques et pratiques adaptées aux modes de culture locale.

Afin de partager nos connaissances, Peter et Innocent, respectivement gérant et jardinier de Kunyumba nous accompagnent.

En une semaine de cours intensives rythmés par de nombreux exercices pratiques, nous apprenons la gestion des sols, de l’eau et la façon de panacher les variétés de plantes, fleurs, fruits et légumes de façon durable pour favoriser la biodiversité.

Nous clôturons cette semaine de cours en dessinant un plan adapté à notre environnement et à ses contraintes.

Forts de cet enseignement, nous revenons à Senga Bay très motivés et commençons les travaux illico. La saison des pluies approche et nous souhaitons terminer les plantations avant les premières pluies afin de bénéficier au maximum de cet arrosage naturel.

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Après mûre réflexion, nous commençons par abattre de grands arbres. Ces « Gemelinas » importés d’Asie lors de la période coloniale servaient à la charpente. Ils produisent malheureusement des fruits très acides qui empêchent toute culture dans leur immédiate proximité.

Dans le même temps nous replantons, 75 arbres, que nous importons des forêts du nord du Malawi. Nous les implantons sur la partie basse du terrain, là ou le sol, très sableux, soufre le plus de l’érosion lors des fortes pluies.

Sur 75 arbres plantés, nous n’en perdons que 2, un record dans ces conditions de sols et de météo difficiles.

Nous implantons notre jardin principal sur la partie médiane du terrain, là où en période de pluie, l’eau stagne. Le jardin profitera de cet apport en eau important et drainera le sol autour des habitations qui soufrent beaucoup de l’humidité, avant la saison des pluies.

Nous y plantons une grande variété de plantes, fruits et légumes, entourés de fleurs qui attirent de précieux pollinisateurs…

Après seulement 3 semaines, nous observons, incrédules, la pousse d’un épais tapis végétal. Le climat subtropical, chaud et humide est très adapté à l’agriculture. Il favorise la croissance de plantes qui mettraient des mois à sortir de terre en Europe.

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LES BÉNÉFICES

Seulement 3 mois et demi après notre arrivée. Le projet est un succès. Un an après, c’est une réussite.

Nous cultivons des fruits et légumes destinés à l’alimentation des enfants du centre. Fragiles, une alimentation saine, équilibrée et abondante renforce leurs défenses immunitaires.

Nous interagissons et travaillons avec la nature de façon thérapeutique avec les enfants :

  • En développant les capacités motrices et sensorielles des enfants atteints d’un handicap au travers d’une activité utile et valorisante.
  • En donnant la possibilité aux enfants du centre et au personnel d’apprendre de nouvelles techniques afin de les utiliser et et de les enseigner plus tard.
  • En travaillant en équipe avec la satisfaction d’un résultat concret et motivant après un effort commun.
  • En donnant à chaque enfant l’occasion de réussir en se sentant unique et valorisé en dépit de leurs limites physiques et mentales.
  • Nous contribuons aux financements du projet en vendant l’excédent de production ; les profits générés ont permit l’achat d’un système d’arrosage.

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LES SUITES DU PROJET

Le projet ayant été un succès. Il ouvre forcément des perspectives sur des projets de plus grande ampleur dans les années à venir.

Nous envisageons d’ors et déjà la création d’un Centre d’Aide par le Travail (C.A.T).

Les plus grands enfants accueillis par Kunyumba seront bientôt des adultes et la société malawite ne propose pas d’aide ou d’emplois assistés pour de jeunes adultes présentant un handicap moteur ou mental.

Nous souhaitons proposer, dans un environnement de travail sûr et motivant, la création d’un jardin potager et fruitier organique au sein d’une ferme gérée selon les règles de la permaculture. Le centre proposera un accueil de jour pour de jeunes gens en situation de handicap ou en détresse sociale.

Ce centre d’aide par le travail, favorisera une intégration harmonieuse de ces jeunes adultes vulnérables dans leur environnement social et naturel. Le but n’étant pas d’assister mais de rendre autonome nos résidents temporaires en développant et valorisant leur potentiel.

Nous leur offrirons la possibilité d’apprendre, d’expérimenter et d’acquérir de nouvelles compétences pour qu’à terme, ils puissent générer leurs propres revenus et mener une vie ”normale”.

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A plus large échelle, notre action visera à briser le cycle intergénérationnel de vulnérabilité à l’origine de nombreux problèmes sociaux ou de santé (troubles psychiatriques et ou handicap) que nous avons constatés au Malawi.

La ferme sera auto-suffisante et produira une nourriture de qualité, abondante et variée, utilisée pour les besoins du centre. Elle sera également vendue sur les marchés alentours et dans les restaurants et hôtels, soucieux d’offrir une nourriture locale de qualité. Nous produirons également des compléments alimentaires naturels (moringa ou neem) à forte valeur ajoutée, sur un marché en pleine croissance. Les bénéfices générés financeront le développement futur du projet.

Parce que nous pensons que bon nombre de problèmes liés à l’enfance viennent d’une mauvaise voire d’une absence éducation sexuelle. Nous souhaitons, au travers d’un partenariat, avec le service maternité de la clinique de Salima, prodiguer des conseils et des soins de santé généraux et sexuels aux jeunes pensionnaires de la ferme.

Ainsi, nous orienterons les jeunes de la communauté de Senga Bay au travers d’une activité de planification familiale. L’objectif étant de réduire le nombre de grossesses précoces, accidentelles ou non-voulues et d’enseigner aux jeunes gens à se protéger contre le viol, le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles.

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Un suivi personnalisé sera proposé aux femmes enceintes présentant des risques, en raison de leur jeune âge, d’un handicap ou de toutes autres raisons justifiant notre action.

Deux bungalows seront installés sur le terrain de la ferme. Ils permettront de recevoir, dans un environnement préservé, en pension complète, des sages-femmes occidentales soucieuses de compléter leur cursus professionnel en travaillant dans le service maternité de la clinique de Salima.

Cette activité hôtelière sera gérée par les jeunes adultes du centre, supportés par le personnel local, au travers d’un programme de formation visant à leur donner l’autonomie et l’expérience nécessaire à la recherche d’un emploi dans un secteur du tourisme en plein essor.


Bourse AVI du Voyage Solidaire : Compte rendu du projet Hygiène et Santé dans les villages Hmong du Laos

L’origine du projet

C’est en 2010, pendant un voyageVillage au Laos, que Jean-Michel Courtois découvre le village Hmong. Cette belle histoire est née d’un heureux hasard. Quand son guide et lui s’embarquent sur une mauvaise piste dans la montagne de Ban Huey Pong, ils étaient loin d’imaginer l’histoire qui s’en suivrait. Ils marchèrent dans la forêt pendant 8 heures avant de tomber sur ces villageois avec qui il noua des liens très forts. Cette découverte fut pour Jean-Michel un choc émotionnel et culturel et il s’engagea à y revenir l’année suivante.Famille Hmong

Les toilettes sèches

Notre lauréat a voulu commencer par améliorer les conditions d’hygiène dans lesquelles vivaient ces villageois. La première étape est passée par la construction de toilettes sèches. C’est une construction difficile à réaliser et qui a mobilisé l’énergie de tout le village. Pour ce faire, l’équipe a pris contact avec les services du Parc Régional du Pilat, au dessus de Saint-Étienne, qui avaient installé en toute satisfaction ce type de toilettes dans son Parc. L’entreprise spécialisée a donné l’autorisation de s’inspirer de leurs plans. Pour finaliser le projet, un membre ami architecte a par ailleurs adapté les plans en fonction des possibilités techniques locales.plans Le principe de ces toilettes est relativement simple. Il s’agit d’intercaler dans la fosse une grille métallique qui fait office de séparation entre le solide et le liquide. Le solide reste sur la grille et est séché par la chaleur ambiante et par un fort système de ventilation. Deux grilles à l’arrière des toilettes permettent de récupérer la matière et de s’en servir comme compost. Le liquide quant à lui s’évapore. La condition d’un bon fonctionnement suppose que les toilettes soient orientées plein Sud et que la fosse soit parfaitement hermétique.

Le chantier

La première étape de la construction a été de rassembler les différents matériaux pour pouvoir mener à bien le chantier. Le ciment et les parpaings ont été achetés dans la vallétravauxe à une vingtaine de kilomètres du village. Les différents éléments métalliques permettant d’assembler les grilles ont été, eux, achetés à une cinquantaine de kilomètres. Ces achats éloignés ont également posé le problème de leur récupération. À l’inverse, le sable et les galets ont directement été pris dans la rivière. travaux2Le chantier s’est déroulé en plusieurs étapes avec la participation de tout le village. Femmes, adolescents et hommes ont donné de leur personne pour que les toilettes sortent de terre. Curieux, les enfants ne perdaient rien de ce qui se faisait. Tout cela s’est passé dans une bonne ambiance et le soir, tous se retrouvaient autour d’un bon repas fait de pousses de bambous bouillies et de riz gluant.

Un imprévu

Les toilettes sèches achevées, Jean -Michel et les villageois se sont aperçus qu‘elles n’étaient pas si sèches que cela ! En effet une mauvaise isolation de la cuve doublée des effets de la mousson n’ont pas permis de maintenir la cuve dans un état de sécheresse suffisant. Les membres du projet sont donc revenus sur place en 2014 pour colmater comme ils l’ont pu les espaces qui laissaient s’infiltrer la pluie. Par précaution une évacuation qui donne dans un puisard (système de drainage) a été ajoutée.

L’association Peuples et montagnes du Mekong

Jean-Michel Courtois a créé l’association Peuples et Montagnes du Mekong afin de permettre à tous ceux qui le veulent de s’investir pour ces villageois laotiens. Le projet prend plus d’envergure et concerne aujourd’hui des domaines comme la médecine. En effet, en 2013, une mission médicale a été menée en compagnie de 3 médecins à Ban Pakeo. Des soins élémentaires ont pu être dispensés aux nécessiteux et la mission a aussi permis de détecter plusieurs cas graves, dont celui d’un jeune adolescent atteint d’une maladie du cœur : une CIV (communication inter ventriculaire) qui nécessite une opération délicate par des chirurgiens cardiologues spécialisés, spécialité n’existe malheureusement pas encore au Laos. Après un an d’efforts pour que la maladie de cet adolescent soit prise en compte, c’est enfin fait depuis le lundi 2 juin. Le garçon a été opéré par une équipe française et il se porte bien! Au mois de juin, une équipe de deux infirmières et d’un infirmier ont commencé une mission de formation auprès des infirmières Lao de l’Hôpital d’Oudomxai. Au mois de Novembre, une deuxième mission médicale sera conduite auprès des villages reculés de montagne.

Au mois de Mai à l’occasion d’un voyage solidaire, l’association a financé l’équipement complet d’une classe de collège (tables, chaises, tableau), y compris de nouvelles toilettes. 5 autres écoles ont été approvisionnées en matériel scolaire classique (cahiers, crayons pour chaque élève). Toujours dans le domaine scolaire, l’association soutient également deux structures un peu particulières : le Centre pour Jeunes Sourds et Malentendants de Luang Prabang et le seul Centre pour Jeunes Autistes existant au Laos à Vientiane.

 Le projet en vidéo

Bourse AVI du Voyage solidaire : Compte rendu du projet « Autopias » en Équateur

Le projet « Autopias » avait pour but de contribuer à l’autonomie des populations défavorisées en proposant des actions participatives, écologiques, peu coûteuses et adaptées aux problématiques locales. Nos lauréats ont donc, pendant 3 mois, dédié leur énergie, leur temps et leur matière grise aux 300 enfants des écoles Primavera et Honrar La Vida, situées dans le quartier défavorisé de Jaime Roldos au nord de Quito, capitale de l’Équateur. Les domaines concernés par les travaux de nos lauréats ont été : la nutrition, l’architecture, la psychologie et l’économie sociale. L’équipe Autopias est composée d’Alexandre VANNIER MOREAU, Maud RIVIERE, Baptiste BOURDEAU, Arnaud BOURBOUAC, Aude GAMBIEZ, Soazic GRARD, Marine PANAZOL.

Nutrition

Le jugo matinal

Pour avancer sur le sujet de la malnutrition dans ces écoles d’Équateur, les membres d’Autopias ont monté un projet durable et écologique. Ce projet est construit autour de la Spiruline. La Spiruline est une algue comestible souvent utilisée comme complément alimentaire. La Spiruline est hyper protéinée et riche en vitamines et minéraux. Les membres d’Autopias ont négocié un partenariat avec Andes Spirulina, une entreprise locale productrice de Spiruline qui s’est engagée à faire des dons de Spiruline régulièrement à l’école Honrar la Vida. D’autre part, ils ont élaboré une préparation appelé « Jugo Matinal » qu’ils ont transmis aux cuisinières de l’école : le jus hyper nourrissant est distribué toute l’année à hauteur de 2 fois par semaine.

Spiruline

Potager éducatif

En ce qui concerne l’école Primavera, l’équipe Autopias a organisé la mise en place d’un potager : retourner la terre et l’enrichir en humus grâce aux déjections des animaux voisins. L’école s’est ensuite chargée d’y planter les graines et les plantes désirées en faisant des ateliers avec les élèves. La création de ce potager va donc servir aux enfants pour apprendre à cultiver, et leur fournira une source de nourriture durable

Architecture et aménagement du territoire

La Quebrada

Le quartier possède une quebrada, c’est-à-dire une faille topographique où s’écoulent les eaux pluviales. Elle est située à quelques centaines de mètres des écoles et est considérée par la plupart des habitants comme une déchèterie. Sous quebradal’impulsion de nos lauréats, s’est constitué un groupe croyant en la possibilité d’en faire un lieu de vie et un parc public.  Avec 60 riverains ils sont parvenus à planter 220 arbres, et 80 mètres carrés de potager sont maintenant prêts à être utilisés par les enfants des écoles Honrar La Vida et Primavera. À long terme, l’objectif est de régénérer ce patrimoine naturel et de le rendre accessible aux habitants : faire d’une déchèterie dangereuse un parc pour tous !

Façade du centre culturel

En réponse à une demande exprimée par le centre culturel Loyola, une minga (travail collectif) a été organisée par les architectes d’Autopias (Alexandre et Marine) avec les habitants du quartier afin de refaire la façade d’entrée du centre culturel grâce à desenduit terre enduits en terre. Afin de favoriser des répliques dans le quartier, un guide a été réalisé: El Manual del enlucido natural con la tierra de su jardin (Manuel d’enduit naturel, avec la terre de son jardin). Des exemplaires à l’espace culturel sont en libre accès au centre.

Psychologie

Des mesures ont été prises afin de travailler sur les problématiques de confiance en soi et d’estime de soi, de maltraitance, de violence familiale, et d’isolement avec les enfants, et sur les liens de solidarité au sein du quartier et la construction de solutions face aux problèmes du quotidien avec les mamans des élèves. Un accord a aussi été établi avec l’Université Centrale d’Équateur et ses étudiants en psychologie dans chacune des écoles. Cette action permet de pérenniser le renforcement du soutien psychologique à Primavera et de l’initier à Honrar la Vida.

Suivi psychologique des enfants

Maud Riviere a suivi une dizaine d’enfants en entretien individuel en travaillant sur des problématiques spécifiques (violence, inceste, solitude, problématiques identitaires) et aide les enfants à renforcer leur confiance en soi, l’auto-estime et l’affirmation de soi.

Autonomie des mères

Chaque soir, Maud et Patricia, la psychologue de l’école, ont reçu des groupes de mères (entre 5 et 10) afin de travailler sur l’autonomie. Durant ces groupes de thérapie communautaire, les psychologues sollicitaient la créativité des participants afin qu’ils travaillent collectivement sur des problématiques vécues isolément (machisme, sentiment de dépendance au mari, enfermement dans des cercles de violence, etc.).

La voie des contes

Activités à base de lectures et jeux de rôles. Ce travail permet au groupe de symboliser des vécus autrement trop difficiles à aborder. Dans un climat social où dominent l’individualisme, la solitude et la méfiance les uns envers les autres, ce groupe a été apprécié des participants qui ont ainsi eu l’opportunité de partager des temps forts émotionnellement et de travailler sur leur vécu tout en restant « protégés » par les personnages du conte, qui à la fois leur évitent de se mettre à nu tout en offrant un prétexte pour parler de soi.

Sensibilisation à la sexualité :

Une intervention « sensibilisation à la sexualité » a eu lieu sur deux jours, auprès de deux classes, dans l’école Primavera. A travers des jeux, activités ludiques et débats, psychologieont été abordées les questions sensibles relatives à l’image du corps, le respect de l’espace vital de chacun, les relations de couple, l’intimité. Un temps de « prévention aux agressions sexuelles » a aussi été intégré dans l’atelier.

Économie sociale

Club de troc

En partenariat avec le CDC (centre culturel de quartier) et La Trueca (association de troc basée à Quito), Baptiste Bourdeau a aidé à mettre en place un système d’échange de type ‘troc’ de biens, de services et de savoirs dans le quartier de la Roldos. Deux femmes se sont engagées à faire vivre l’association en programmant et animant des réunions mensuelles. Un panneau d’annonces a été fixé sur un mur du centre culturel, et La Trueca servira d’interlocuteur direct si besoin. Un jour après la pose du panneau, une dizaine d’annonces étaient déjà affichées! Échange de mobilier, de cours d’anglais, d’informatique, de danse,  etc.

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La Bourse AVI : Compte rendu du projet « Valorisation de plantes médicinales dans la communauté Bunong »

Remèdes planteVous vous demandez peut-être ce que nos précédents lauréats ont accompli pendant leurs voyages solidaires?

Voici le compte rendu du projet de François Chassagne et Julien Taupin au cours de leur séjour au Cambodge. Ces deux pharmaciens sont partis pour mettre au profit de l’ethnie Bunong, leurs compétences techniques et sociales de pharmaciens. Leur objectif a été la préservation et la valorisation des savoirs traditionnels de cette population dans le domaine médicinal. Le tradipraticien (personne pratiquant une médecine non conventionnelle, traditionnelle) local avait déjà commencé à préparer des remèdes à base de plantes pour ses congénères. François et Julien sont donc intervenus afin d’assurer la qualité du produit et la sécurité des patients.
Nous allons reprendre étape par étape le déroulement de leurs travaux.

Projet de développement avec le jeune tradipraticien

Il a d’abord fallu que nos deux lauréats se renseignent sur les plantes utilisées dans les remèdes traditionnels. Ils se sont focalisés sur six remèdes utilisés pour traiter les maux d’estomac, les hémorroïdes, les toux, les leucorrhées et ceux pour donner de l’énergie et aider à améliorer la santé après l’accouchement (traitement très utilisé au Cambodge). Pour cela ils ont donc travaillé avec le tradipraticien Bunong avec qui ils se sont entretenus plusieurs jours par l’intermédiaire d’un interprète.

Récolte des plantes

La deuxième étape était ensuite de récolter (en présence du tradipraticien) toutes les plantes utilisées pour ces six remèdes. (Un remède peut contenir jusqu’à 20 plantes différentes !). Nos lauréats ont récolté ainsi plus d’une cinquantaine de plantes en différentes saisons (sèche : janvier-mars, et humide : avril-juin).sac de plantes

Identification et tri de chaque plantes

La troisième étape consistait à identifier précisément chaque plantes, puis à effectuer un herbier de toutes les plantes utilisées. De cette manière le tradipraticien peut maintenant continuer à travailler seulherbier.

La collaboration de l’herbier national de Phnom Penh leur a été d’une grande aide, et l’utilisation de divers ouvrages de botanique généraliste, ou plus spécifique au Cambodge (Flore photographique du Cambodge; Dictionnaire des plantes utiles au Cambodge….) a été incontournable. Nos deux lauréats ont aussi comparé leurs planches d’herbiers à celles en accès libre sur le site du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris.

Conception de notices

A partir de toutes les informations recueillies, François et Julien ont élaboré une notice d’emploi détaillant la composition de chaque remède, les quantités de plantes utilisées, les lieux de récolte, le mode d’utilisation, les précautions à suivre, les conditions de conservation et les coordonnées du tradipraticien. Ainsi, les patients auront la garantie que le remède ne relève pas du charlatanisme.

Recherche auprès des villageois

Le même travail a été effectué avec des villageois lambda. 52 d’entre eux, de tous âges, ont été interrogé sur les matières médicales (plantes, animaux, champignons, produits d’insectes) utilisées pour soigner 10 pathologies différentes (Fièvre/rhume, Paludisme, Brûlure, Blessure, Maux d’estomac, Toux, Diarrhée, Rhumatisme, Maux de tête, entorse/foulure et traitement après l’accouchement). Les plantes ont ensuite été récoltées, séchées et triées dans un herbier.valorisation des plantes 3
Les résultats ont montré qu’un fort pourcentage de villageois possède une connaissance en médecine traditionnelle. Plus d’une soixantaine de plantes ont été décrites dont certaines sont très populaires (le goyavier pour traiter les diarrhées notamment). Ils peuvent aussi bien utiliser des feuilles, de l’écorce ou des racines dont ils extraient les principes actifs grâce à de l’eau bouillante.

Ces 9 mois de dur labeur ont donc porté leurs fruits, et Julien et François ont atteint leur objectif. La communauté Bunong a maintenant un système médical clair et efficace sur le long terme et qui devrait leur permettre de mieux se soigner.
Félicitation à François Chassagne et Julien Taupin pour cette belle réussite.

Le projet en vidéo

Les lauréats de la bourse AVI International bénéficient d’une assurance voyage gratuite offerte par AVI International.

Par Carl SCHROEDER
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